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Le collectif Merci Raymond veut rendre le jardinage plus sexy et convertir Paris au vert

Merci Raymond l'association qui veut rendre le jardinage sexy et convertir Paris au vert

Il y a environ 5,8 m2 d'espace vert par habitant à Paris. Même en incluant les bois de Boulogne et Vincennes, le chiffre ne monte qu'à 14,5 m2, bien loin des 45 m2 de Londres, des 59 m2 de Bruxelles, ou des 321 m2 de Rome. La grande densité de population parisienne explique en partie cet écart, mais force est de constater que le Parisien est plus habitué au bitume et au béton qu'aux vergers et aux jardins. « Il y a un vrai besoin de vert », nous confie Hugo, créateur de Merci Raymond. Perché sur le rooftop végétalisé de l'immeuble qui abrite les locaux du collectif, il ajoute : « Surtout dans le 11e arrondissement. Il suffit de regarder autour de nous : aucun parc, aucun espace vert ! » 

Installé du côté de Voltaire, Merci Raymond est donc parti de ce constat : les urbains réclament du vert à cor et à cri. Ils veulent du terroir, de la campagne, de l'authentique. « Je viens du Sud-Ouest et Raymond est le prénom de mon grand-père, explique Hugo. Un jour, j'ai créé un site qui s'appelait le Marché de Raymond, je mettais en relation sur Internet les copains qui vendaient du pâté ou du foie gras, et en deux-trois mois j’ai constaté un engouement énorme. » Ni une, ni deux, Hugo fait évoluer le projet et le délocalise à Paris : il s'agira de promouvoir et enseigner le jardinage à Paris à travers toute une multitude d'activités. « Montrer que le jardinage, c’est comme la cuisine il y a dix ans. Une activité manuelle qui va revenir à la mode. »

« Les Français, quand leur plante meurt, ils sont dégoûtés et abandonnent le jardinage. »

« Au début, on s’appelait "les jardiniers parisiens", poursuit Hugo, ça faisait rigoler des gens qui pensaient que c’était contradictoire. » Les rieurs ont finalement changé de camp, car le végétal est dans l'air du temps, soutenu par la mairie de Paris qui multiplie les initiatives en ce sens, comme le lancement de « Parisculteurs ». Hugo insiste, c'est la mairie de Paris qui lui a mis le pied à l'étrier. « Nous avons été parmi les dix premiers à avoir un permis de végétaliser à Paris, du coup nous avons commencé à créer des jardinières un peu partout. On nous donne un espace pour jardiner avec pour unique contrainte de l’entretenir. » Mais végétaliser un nouveau lieu à Paris pose des soucis de voirie, d’entretien et de voisinage. Exemple ? Quand Merci Raymond a végétalisé la rue Neuve-Popincourt, « tous les voisins nous ont mis des bâtons dans les roues. Une grande partie d’entre eux craignait que ça devienne une rue Oberkampf bis et que des gens viennent boire un coup dans la rue parce qu'on avait mis des bancs. »

Dans ces conditions, Merci Raymond a aussi fait le choix de s’entourer de jardiniers, d’ébénistes, de paysagistes, de directeurs artistiques, afin de pouvoir autant aider la mairie à construire le potager du futur parc de la friche Richard-Lenoir que de faire des collaborations avec des acteurs privés, plus rémunérateurs (Spotify, le Très Particulier, Colette, le salon 'Jardins, Jardin' aux Tuileries...). « L'idée, c'est d'amener le végétal un peu partout, pas seulement dans la rue et dans les jardins de quartier », pose le jeune homme. Dans des galeries d'art, des restaurants, des boutiques, mais aussi dans la future Station F de Xavier Niel, Merci Raymond peut ainsi laisser libre cours à son imagination sur des centaines de mètres carrés, en réalisant des scénographies monumentales et parfois coûteuses.

Et le Parisien dans tout ça ? « Il faut savoir que les Français ne sont pas très persévérants en matière de jardinage, prévient Hugo. En général, quand leur plante meurt, ils se disent "j’en ai déjà tué deux ou trois, je n’ai pas la main verte, j’arrête !" Alors grâce à des plateformes comme Yes We Green, on va s'adresser aux particuliers afin de partager nos connaissances en jardinage. » Idem dans les écoles, où Merci Raymond réalise avec les enfants des jardins inspirés par leurs dessins. Partout où elle passe, le collectif répand donc des plantes, des fruits, des légumes, et surtout pas mal de bonne humeur. « Les gens, dès qu’on les met les mains dans la terre, ils sont comme des fous ! note Hugo. Même s’ils ne se connaissent pas, ils peuvent être dix autour d’un potager et ils se sentent bien. » Vert, couleur de l'espoir. Il paraît que celui-ci fait vivre.  

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