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Le reboot, cette science inexacte

Par Matthieu Petit
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Au fond, un reboot de film, c’est un peu comme si on tentait de se remettre avec une ex : l’espoir se ravive, la volonté se pare de son plus bel habit, bref, tout le monde y met un peu du sien pour faire mieux que la dernière fois. Tenter de surpasser l’histoire originale, c’est sans doute ce qu’ont voulu faire les producteurs des '4 Fantastiques', sorti mercredi dernier en salles, onze ans après la première adaptation. Au vu de l’accueil réservé à Miles Teller et ses sbires (mauvaises critiques, le réalisateur qui se lâche sur les conditions de travail, etc.), ces mêmes producteurs ont dû se dire qu’il aurait peut-être mieux fallu rester sur l’impression laissée par les roucoulements d’antan.

Et pourtant, Sony, dans le rôle de l’éternel romantique, vient d’annoncer une série de reboots qui verront le jour à partir de 2016, notamment celui de 'Jumanji', film culte sorti en 1995 avec le très regretté Robin Williams. Quand on sait que la logique qui suit est généralement économique, le romantisme prend sacrément du plomb dans l’aile. Comment faire alors pour parvenir à trouver l’équilibre entre le respect de la formule passée tout en apportant un nouveau souffle ? Pour aider à s’y retrouver et pour inspirer ou non quelques producteurs zélés, Time Out vous propose une petite liste des reboots qui se sont attiré les foudres de la presse, voire celles des spectateurs, voire les deux, ou alors des éloges à n’en plus finir. A en donner la migraine aux scientifiques.

1/'The Amazing Spider-Man' de Marc Webb, 2012

Tu le savais pourtant, Mark : un grand pouvoir implique de grandes responsabilités. Suite au désistement de Sam Raimi, réalisateur de la saga originale, sur le quatrième Spider-Man, Sony Pictures annonce un reboot avec Mark Webb aux manettes, Andrew Garfield dans le rôle de l’homme araignée et Emma Stone dans celui de Gwen Stacy. Avec des acteurs engoncés dans des costumes trop grands pour eux (c’est le cas de le dire, hein, Andrew ?), le premier film sera accueilli avec contraste par les fans et le deuxième se révélera un bide monstrueux, annulant purement et simplement le troisième volet prévu. Aux dernières nouvelles, un nouveau réalisateur ainsi qu’un nouvel acteur seront aux commandes du prochain Spider-Man, piloté cette fois-ci par Marvel. Money, money, money. 

2/'Ninja Turtles' de Jonathan Liebesman, 2014 

Un film allégé de répliques comiques, des héros d’origine extraterrestre, le controversé Michael Bay à la production : les fans des tortues les plus cools de l’univers avaient toutes les raisons de s’arracher les cheveux lorsque Paramount Pictures a décidé de produire le reboot de la célèbre saga. Le réalisateur de la série des 'Transformers' met les petits plats dans les grands et lance le projet sur la base d’un budget estimé à 125 millions de dollars. Les amateurs se désolent, les critiques se payent le film, mais une suite est finalement annoncée pour 2016. Tout cela ne donne pas envie de manger une pizza. 

3/'Freddy, les griffes de la nuit' de Samuel Bayer, 2010 

Et qui retrouve-t-on à la production de ce reboot du chef-d’œuvre de Wes Craven pour relancer la saga du plus flippant des croque-mitaines ? Michael Bay himself, évidemment. Emaillé de polémiques avant sa sortie (Wes Craven mécontent de ne pas avoir été consulté, un Michael Bay refusant la venue de David Fincher) et abattu par la critique une fois l’échéance passée, le film réussira tout de même à battre certains records d’entrées et à rapporter près de 110 millions de dollars à travers le monde. Michael Bay, ce génie incompris.

Michael Bay

  

4/'The Dark Knight' de Christopher Nolan, 2008

Après un premier volet plutôt réussi et bien accueilli ('Batman Begins'), Nolan met définitivement la barre plus haut avec ce deuxième volet du reboot du justicier de Gotham City. Toujours avec Christian Bale dans le rôle de l’homme chauve-souris, mais avec Heath Ledger dans celui du Joker sur une musique composée par Hans Zimmer. La suite, tout le monde la connaît : carton planétaire, éloges en tous genres notamment sur la performance de Ledger (qui en paiera le prix comme on le sait) et l’impressionnante maîtrise de Nolan, le faisant passer du côté des grands réalisateurs. Un succès que n’effacera pas le dernier volet, plus mitigé, 'The Dark Night Rises'. Ni cela, ni Marion Cotillard.

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