Monde icon-chevron-right France icon-chevron-right Paris icon-chevron-right Les Ballets de Lorraine aux Rencontres chorégraphiques 2016
Actualités / Théâtre

Les Ballets de Lorraine aux Rencontres chorégraphiques 2016

Le Surréalisme au service de la Révolution
© Arno Paul

Chaque année le rendez-vous est pris avec le printemps. Pendant un peu plus d'un mois alors que la nature se dégourdit, les Rencontres chorégraphiques réveillent nos sens. La danse contemporaine s'invite ainsi depuis quatorze ans en Seine-Saint-Denis, à Montreuil au NTDM, à Pantin au CND, à la Commune d'Aubervilliers... Vingt-sept compagnies (nationales et internationales) viendront cette année faire exister dans dix lieux culturels de huit villes du 93 leur sensibilité artistique et leur regard sur le monde. La construction de soi (Nina Santes), l'énergie rythmique (Malika Djardi), l'Autre (Yasmine Hugonnet)... Une programmation dirigée par Anita Mathieu et qui rend compte des multiples battements de cœur du genre et de ses si nombreuses perspectives. « Fidèle à sa ligne artistique, la programmation de cette quatorzième édition décline tous les genres, du solo à la pièce de groupe et fait la part belle aux croisements entre la danse et les autres arts et plus particulièrement cette année avec la musique. » 

 

ELEMENTEN I — Room / Cindy Van Acker © Arno Paul

 

 

 

 

Cette nouvelle et quatorzième édition des Rencontres chorégraphiques s'ouvre avec deux programmes du CCN - Ballet de Lorraine, proposés ensemble les mercredi 11 et jeudi 12 au Nouveau théâtre de Montreuil. Deux chorégraphes au langage précis et inventif (la Belge Cindy Van Acker et l'Espagnol Marcos Morau), un vocabulaire chorégraphique et une esthétique très différents, mais le même souci de répondre par la danse et le mouvement à l'urgence de notre époque. Pour le CCN - Ballet de Lorraine, ces deux créations interrogent le monde : « Nous souhaitons avec ce programme composé de deux créations interpeller des chorégraphes d'aujourd'hui, Cindy Van Acker et Marcos Morau, autour du thème de la saison (ndlr : FOLK + DANSE = (R) ÉVOLUTION Qui fait la danse ? Nous la faisons) et des questions issues de celui-ci : en quoi leurs œuvres interrogent directement notre époque ? Dans quelle mesure celles-ci donneront naissance à une forme de danse évolutive et révolutionnaire ? »

ELEMENTEN I — Room / Cindy Van Acker © Arno Paul

 

Le programme débute ainsi par 'Elementen I - Room' de Cindy Van Acker, une pièce de quarante-cinq minutes pour seize interprètes. Une chorégraphie exigeante à la précision militaire, une forme d'algorithme humain qui se déplace dans l'espace avec une ferveur géométrique impeccable. Imaginé à partir de 'I am Sitting in a Room' d'Alvin Lucier, 'Elementen I - Room' étonne par sa structure redondante, la répétition vingt fois de suite d'un discours d'une minute et quatorze secondes jusqu'à ce que « les fréquences naturelles et résonantes du lieu se renforcent et prennent le dessus sur l’aspect concret de la voix et la compréhension des mots » mais aussi par son caractère graphique poussé à l'extrême. Une rythmique envoûtante brillamment connectée à la lumière et à son écriture incandescente. 

Puis c'est au tour de Marcos Morau de faire vibrer le sol du théâtre avec sa compagnie (très sollicitée ces derniers temps) La Veronal. Entouré d'un collectif d'artistes (danseurs, photographes, écrivains), Marcos Morau, la trentaine inspirée, compose ses phrases chorégraphiques pour rendre compte du monde dans lequel il évolue, un imaginaire relié au réel. Pour cette création, le Barcelonais s'est inspiré de l'univers onirique de Luis Buñuel et plus généralement du surréalisme. C'est d'ailleurs de la revue de Breton et Aragon qu'il tire son titre : 'Le Surréalisme au service de la révolution'.

Le Surréalisme au service de la révolution / Marcos Morau© Arno Paul

 

Sur scène, les danseurs (ils sont dix-huit) dessinent une chorégraphie collective à l'esthétique poudrée, composée de courses, de portés et de petits pas. Un essaim de danseurs bientôt rejoint sur le plateau par un homme et son tambour. Objet central et éminemment politique, le tambour porte en lui le souvenir et la promesse de la révolution. Il fait trembler le sol, pour renverser le monde ? 

Quoi ? • Les Ballets de Lorraine aux Rencontres chorégraphiques.
Où ? • Nouveau théâtre de Montreuil, salle Jean-Pierre Vernant.
Quand ? • Mercredi 11 et jeudi 12 mai à 21h. 

Advertising
Advertising