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Les mille et une morts de Chris Burden

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Génie borderline pour certains ou provocateur masochiste pour d’autres, cet artiste contemporain hors norme fut l’un des premiers à avoir mis en scène la notion de performance en utilisant son propre corps comme support (le body-art). Dans son rapport à l'art, Chris Burden mettait sa propre personne en danger. D’après lui, l’art ne devait pas être un tableau que l’on accroche au mur pendant des années, mais plutôt une expérience éphémère et intense. Toute sa vie, il a donc essayé de se démarquer du schéma « atelier-galerie-musée ».

Ironie du sort, après avoir mis sa vie en jeu à de moult occasions au cours de sa carrière en risquant de s’immoler, s’électrocuter ou se noyer, il est mort dimanche dernier des suites d’une complication d’un mélanome malin, autrement dit d’un grain de beauté qui a mal tourné.

Les années 1970 marquent le début de ses « exploits » avec la démocratisation de la caméra à l’aide de laquelle il filme ses performances. Sa dernière exposition personnelle qu’il réalisa de son vivant est actuellement en cours à la galerie Gagosian. Nous avons sélectionné quelques-unes de ses prouesses qui ont marqué un tournant dans l’histoire de l’art en lui donnant une toute nouvelle dimension.

 

  1. 'Shoot' (1971) - ou l’expérimentation de la chair

Sûrement son action la plus emblématique. Alors qu’il n’est encore qu’étudiant dans une école d’art, il demande à un ami de lui tirer dans le bras au 22 Long Rifle. Heureusement, cet « ami » en question était bon tireur et atteignit sa cible (le bras donc). Le tout fut filmé par une caméra et devant le regard médusé d’une vingtaine d’autres étudiants. Il reste un cliché mythique de lui après le tir, le regard hagard, deux trous béants dans son bras pissant le sang. Et ce n’est que le début d’une longue série…

 

  1. 'Five Days Locker' (1975) & 'White Light/White Heat' (1975) - ou l’expérimentation de la solitude

Quelques mois plus tard, il présente une nouvelle performance originale (c’est le mot) pour son projet de fin d’études en s’enfermant cinq jours dans un casier (le numéro 5) avec pour seul ravitaillement des bouteilles d’eau. Il réitérera ce genre d’expérience la même année en restant allongé et immobile dans la salle d'un musée, et ce vingt-deux jours durant… Jusqu'à ce qu’un spectateur lui adresse la parole en lui demandant s'il « allait bien ». 

 

 

 

 

 

 

 

     

 

 

 

 

 

 

 

 

3. 'Trans-fixed' (1974)

Chris Burden rejoue la crucifixion du Christ version « voiture du peuple ». Allongé sur le dos, il est crucifié sur le capot d’une Volkswagen qui roulera quelques minutes à tombeau ouvert sur une avenue, avant de rentrer au garage. Il chercha à travers cette œuvre à démystifier « l’acte du sacrifice ».

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  1. 'TV Commercials' (1973)

Désirant rompre avec la monotonie des publicités télévisuelles, Burden décida d’acheter de l’espace publicitaire afin de montrer son art au grand public. Quatre vidéos d’environ dix secondes chacune sont produites, dont 'Through the Night Softly', où on le voit ramper quelques mètres sur le ventre dans du verre pilé, les mains attachées dans le dos. 

 

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