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Les quatre vérités de 'Connasse, Princesse des cœurs'

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La 'Connasse' préférée de Canal + investit l'écran noir, avec une Camille Cottin toujours aussi fêlée et culottée, qui traverse la Manche avec un seul but : épouser le Prince Harry. Soir de première, le monde se bouscule pour découvrir le film au scénario embryonnaire inspiré de la micro-série à succès. Verdict ? 

1. Un format inadapté

Le format de 'Connasse, Princesse des cœurs' est sans doute son plus gros point faible. Alors que l'on riait volontiers à deux minutes d'insolentes clowneries, le long métrage nous laisse entrevoir les passages à vide qu'éludait (naturellement) sa bande-annonce. Les gags de la Princesse des caméras cachées connaissent des hauts et des bas, s'enchaînent, s'épuisent, pour devenir – à la longue – un peu lassants. Comme une nouvelle littéraire dont le format court rend la chute plus percutante, 'Connasse' gagnait assurément à ne durer que quelques « minutes paroxystiques » pour éviter les faux rebonds. 

2. Une comédie boulimique 

Le public de 'Connasse' est asservi : c'est tout juste si on ne lui ordonne pas de s'esclaffer (il est là pour ça, après tout). Gavés comme des oies de sketches toujours plus effrontés, les spectateurs n'en ont plus faim – alors qu'ils seront sans doute ravis de visionner indépendamment quelques-unes des scènes réussies sur Youtube d'ici quelque temps. Un peu comme un gigantesque porno qui voudrait nous en mettre plein la vue ; point trop n'en faut...

3. Une actrice sacrément « couillue »

L'arrogante héroïne du long métrage reste fidèle à elle-même, et ses bravades n'en finissent jamais. Toujours plus infecte avec les passants, le banquier, la pharmacienne ou le bodyguard, Connasse n'est jamais en manque de répondant – un mérite qu'on ne peut pas retirer à cette comédienne qui, dans la vie, s'avère tout à fait charmante (paraît-il). Ce qui plaît dans ce personnage ? Son éternelle insolence et ses prises de risques quasi-kamikaze, comme enjamber les grilles de Buckingham Palace ou s'infiltrer au milieu des canassons de la relève de la garde. Ah, Connasse, catharsis de nos mauvaises pensées, réalisation de nos fantasmes, ou... modèle de conduite ?

4. Le public se lâche

Si la Princesse des cœurs garde le mérite de détendre son public – qui aura préféré l'insouciance au cinéma d'art et d'essai – elle l'incite également malgré elle à une forme d'hardiesse, voire de mépris. Ne vous étonnez donc pas si votre voisin de ciné s'enfile un gros domac juste à votre droite, semant méthodiquement ses frites sur le sol, tandis que la demoiselle à votre gauche a opté pour un chinois à l'odeur tenace. Pour couronner le tout, elle vous lance un charmant : « Si vous ne vous dépêchez pas un peu, je vous défonce » peu après le générique de fin. Prochain volet, 'Connasse, l'idole d'une génération' ? – ça promet.

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