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Les « Sensations Futures » de Saint-Gobain laissent une drôle d'impression

Par Clotilde Gaillard
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Trois siècles et demi d’existence, ça se fête ! Comment ? En investissant la place de la Concorde. C’est en tout cas comme cela que la plus ancienne entreprise du CAC 40, Saint-Gobain, célèbre son 350e anniversaire. Le leader européen des matériaux de construction expose ainsi son savoir-faire par le biais de quatre pavillons tout de verre et de LED mêlés. Des structures lumineuses à l’architecture avant-gardiste qui, de leurs néons polychromes, éclipseraient presque l’antique obélisque voisin.

Tranchant au milieu des immeubles haussmanniens, ces réalisations insolites se visitent gratuitement, de 10h à 18h, et ce jusqu’au 31 octobre. Baptisées « Sensations Futures », elles promettent des expériences sensorielles inédites comme voir la ville en rose, vert ou bleu à travers un carrousel de verres multicolores. Se croire en lévitation dans une pièce recouverte de miroirs où un jeu de lumière kaléidoscopique donne l’impression d’un espace sans fin. Ou encore vivre un « voyage acoustique » dans le pavillon « Ecouter ». A l’intérieur de ce gros cube blanc à l’aspect capitonné, plongé dans le noir complet, on entend résonner en effet des sons aussi divers et variés que des chants d’oiseaux, des bruits d’avion qui décolle ou la symphonie lugubre d’un orgue. Le rapport avec la marque Saint-Gobain ? On cherche encore. Car, si dans les deux premiers cas les vitres et les glaces faisaient office de liens, là on sèche !

Pavillon "Ecouter"©C.Gaillard

Même incompréhension au sein du pavillon « Créer ». Déjà, l’intitulé fait fi du thème des cinq sens, qu’on croyait pourtant être le fil conducteur de cette exposition anniversaire. Mais lorsqu’on pénètre dans cet escalier hélicoïdal qui se veut « un hymne à l’audace », on est carrément perdu. Dans un lieu rond recouvert de damiers, des lasers projettent au plafond une voûte céleste, des feuilles d’automne et des arabesques. En fond sonore, de la musique classique, le souffle du vent, le cliquetis de gouttes d’eau, du rock et de l’électro se succèdent. A croire que l’audace se situe entre une boîte de nuit et la clairière d’une forêt.  

Pavillon "Créer"©C.Gaillard

Bref, comme le disent certains touristes lorsqu'ils sortent des pavillons, c’est « cool » mais « spécial ». Certes, on ne peut nier qu’au crépuscule, avec les Champs-Elysées derrière, l’ensemble de ces « Sensations Futures » est fascinant. Malheureusement, on ne peut également s’empêcher d’éprouver la désagréable sensation d'avoir affaire à une opération marketing, splendide dans sa forme mais assez creuse dans son fond. Et pour laquelle il faut, en plus, faire la queue.   

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