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'Miss Peregrine' ou les limites de Tim Burton ?

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Considéré comme un cinéaste talentueux et unique en son genre, Tim Burton semble depuis quelques années tourner en rond sans réussir à se renouveler. Sa dernière réalisation, 'Miss Peregrine et les enfants particuliers', ne vient malheureusement pas changer ce constat. Qu'elle qu'en soit la raison, simple épuisement artistique ou lassitude du public pour son style, la formule Burton peine de plus en plus à convaincre.

Voir également notre rencontre en vidéo avec Tim Burton.

Depuis qu'il réalise des films, des courts métrages de ses débuts aux blockbusters d'aujourd'hui, Tim Burton n'a eu de cesse d'imprimer sa patte très particulière dans chacune de ses créations. Avec des films comme 'Beetlejuice', 'Edward aux mains d'argent' ou bien encore 'Charlie et la Chocolaterie', le metteur en scène imagine des univers visuels remarquablement cohérents malgré sa créativité débordante.

Personnages farfelus, monstres effrayants, utilisation ingénieuse des ombres, prédominance du noir et blanc... Les éléments récurrents que l'on retrouve dans chacune de ses œuvres ont contribué à faire du « style Burton » une œuvre d'art à part entière, si bien que des expositions sont consacrées à son empreinte caractéristique. Aussi bien réalisateur que scénariste, c'est grâce à ses histoires originales que Tim Burton est devenu une référence du grand écran. Après un biopic, 'Big Eyes' qui détonnait par rapport à ses autres de ses productions, le réalisateur revient dans son domaine de prédilection du film fantastique pour enfants, avec 'Miss Peregrine et les enfants particuliers'.

© 20th Century Fox

 

Des enfants particuliers qui manquent de singularité

Tiré d'un roman à succès écrit par Ransom Riggs et publié en 2011, le dernier projet de Tim Burton avait sur le papier tout pour plaire. Un univers qui mélange le lugubre et l'étrange, où des enfants possédant des pouvoirs étonnants vivent dans une boucle temporelle afin d'échapper à des créatures monstrueuses qui en ont après leurs yeux...

Le nom de Burton était presque une évidence pour prendre en charge cette adaptation. Ajoutez à cela une pincée d'acteurs connus et reconnus : Eva Green, qui signe sa deuxième collaboration avec le cinéaste après 'Dark Shadows', et le truculent Samuel L. Jackson, et vous obtenez de quoi faire saliver une bonne partie des fans de cinéma.

Seulement, dans la réalité, et malgré des images d'une beauté impressionnante, le long-métrage peine à se trouver un ton. Alors qu'une ambiance pesante plane sur tout le film et ses protagonistes, celle-ci est systématiquement désamorcée par des effets comiques à répétition. L'exemple le plus parlant se retrouve dans le méchant incarné par Samuel L. Jackson. Censé être effrayant, redoutable et dangereux, il est plus souvent ridicule à cause d'un humour enfantin poussé à l'excès et d'une direction d'acteurs en roue libre.

Parfois confus alors qu'il aurait pu aller droit au but, le film souffre d'un vrai manque de cohérence dans son écriture qui vient porter préjudice à un message tout à fait honorable. S’il affirme que ce sont nos différences qui nous permettent d'accomplir de grandes choses, 'Miss Peregrine et les enfants particuliers' reste quant à lui très similaire à d'autres œuvres de Burton, tant il semble remplir une sorte de cahier des charges que l'artiste se serait imposé à lui-même. Car si à ses débuts, Tim Burton étonnait grâce à son style visuel unique en son genre, désormais, chacune de ses créations a un air de déjà-vu.

© 20th Century Fox

 

Un Tim Burton moins inspiré mais toujours inspirant

Déjà en 2010, avec 'Alice au pays des merveilles', le cinéaste se contentait d'imprimer son style sur le monde imaginé par Lewis Carroll. Si le blockbuster réussissait à en mettre plein les mirettes, on était en revanche loin de la réécriture promise de ce classique de la littérature et du cinéma. Tim Burton s'est fait une spécialité de l'adaptation d'œuvres diverses et variées, avec plus ('Charlie et la Chocolaterie') ou moins ('La Planète des singes', 'Dark Shadows') de succès, au détriment de ses histoires originales pourtant plus marquantes, comme son prodigieux 'Edward aux mains d'argent' ou son touchant biopic d'Ed Wood. Se contentant depuis peu d'apposer sa touche graphique sur les univers qu'il adapte, le metteur en scène apporte quelque chose sur la forme mais plus vraiment sur le fond.

Mais si Tim Burton tourne en rond, sa créativité se retrouve désormais chez de nouveaux talents qui ont grandi avec ses films. L'étrange et glauque 'Coraline' produit par le Studio Laika, qui a déjà collaboré avec le cinéaste pour son film d'animation 'Les Noces funèbres', en est un exemple frappant. L'influence de Burton se fait sentir tout au long de ce splendide film d'animation en stop-motion, plongée angoissante dans un univers parfaitement lugubre. Le réalisateur de 'Miss Peregrine...' a beau ne plus nous étonner, il n'en reste pas moins l'un des grands noms du cinéma de ces dernières années, et continue d'inspirer de nombreux artistes malgré cette baisse de régime que l'on espère passagère.

Bande-annonce : 'Miss Peregrine et les enfants particuliers'

 

 

 

 

 

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