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On était à la clôture des Jeudis Arty

On était à la clôture des Jeudis Arty

18h45 et 7°C, affiche le téléphone. Autant dire que ça y est, on va se les geler pour un bon moment à Paname. Plutôt que de se lamenter, direction le Carreau du Temple, point de départ de la soirée de clôture des Jeudis Arty. Le thème du soir : « Le corps en activateur d’art digital ». Comme pour les précédentes éditions, on peut circuler librement ou faire la visite guidée. On choisit cette seconde possibilité. Au menu, un parcours concocté par Alice, la fondatrice de l’événement et son équipe. On a le choix : « Zoom sur la photo contemporaine » ou « L’art contemporain féminin ». Ce sera la photo contemporaine. Avec en bonus, un arty bag rempli de goodies en tout genre.

La visite démarre sur des airs de joyeuse colonie de vacances qui déambule dans le Marais. Deux par deux, nous débarquons à la galerie School qui abrite les photographies de Joakim Eneroth. L’artiste suédois médite sur les espaces vides. Une piscine orpheline, une bouée seule au milieu de l'océan. Et puis, tout se resserre, les paysages disparaissent. Et s'ils n’avaient pas disparu ? Et s’ils s’étaient simplement compressés jusqu’à devenir une sphère, un triangle ou un cube ? Le photographe s'aventure là dans l'abstraction conceptuelle. Du côté des visiteurs, les interprétations fusent. Certaines questions fleurent bon l’inexpérience, d’autres, les années de cours d’histoire de l’art. L'espace d'une nocturne, novices et véritables amateurs d'art en discutent avec le sourire. 

 

 

Vingt minutes et deux degrés de moins plus tard. On s’engouffre dans la galerie Wallpepper. D’un côté, les créations de Marc Josse, abstraites et hypnotiques. De l’autre, celles qualifiées d’« absurdes » par l’auteur lui-même. Olivier Trillon bouscule ici les règles de la nature morte en fusionnant des objets pour n’en faire qu’une entité. Toutes les œuvres sont des références culturelles ou cinématographiques. En témoigne cette photographie mettant en scène un couteau planté dans un bouquet de fleurs, inspirée de la Cosa Nostra, institution mafieuse sicilienne qu’on ne pouvait pas approcher avec une arme à feu mais seulement avec une arme blanche. Les deux artistes travaillent uniquement le noir et blanc. Moyen pour eux de rester hors du temps. 

 

21h. Retour au Carreau du Temple. Pour sceller la 5e et dernière édition des Jeudis Arty saison 2015, musique, danse, performances et autres activités numériques s’enchaînent dans un esprit expérimental et convivial. Mais l’art, ça creuse. Direction la buvette pour s’approvisionner en sandwichs et en cidre gracieusement offerts par les organisateurs. Notre attention se porte alors sur une étrange installation. Une table soutenant des bocaux de plantes. Devant la foule qui gonfle à vue d’œil, on est curieux et on s’agglutine à notre tour. Et là, on joue de la musique en tapotant sur des feuilles. Comment ? On va essayer de faire simple.

 

Les végétaux sont installés dans des vases remplis d’eau et produisent de l’électricité qui va être captée par un boîtier relié à un ordinateur. Les textures sonores vont ensuite se fondre dans un « vortex », structure vidéo qui réagit aux mouvements de vos doigts sur les tiges. Une expérience musicale, fruit d’une collaboration entre le collectif Playtronica (Vincent de Malherbe, Olga Maximova et Ivan Jovanovic) et l'équipe Vortex (Vincent Pouydesseau, Emilien Grèzes, Arthur Hoffner et Chemsedine Herriche). La file d’attente gagne en longueur et l’impatience se fait sentir. En quittant les lieux, on se dit que l'art c'est comme la Coupe du monde. Qu'on aime ou qu'on n'aime pas, il se passe toujours quelque chose de chouette quand on le partage.  

©Free Rubens

 

 

 

 

 

 

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