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On était à la pré-ouverture du Freegan Pony : le resto qui sert les invendus de Rungis

On était à la pré-ouverture du Freegan Pony : le resto qui sert les invendus de Rungis

Place Auguste Baron dans le 19e. On cherche désespérément le Freegan Pony, la cantine alternative « Zéro gâchis ». Après de longues minutes à zoner dans le coin, on voit la porte d’un entrepôt s’ouvrir. C’est là, très exactement sous le périph, que se déroule la pré-ouverture de ce restaurant au concept unique en Europe. On pénètre à peine à l’intérieur des lieux qu’on se demande si on s’apprête à dîner ou si on n’a pas plutôt atterri dans une teuf clandestine. Et pourtant, on découvre rapidement une grande salle à la déco dépareillée. Chandeliers, palettes, canapés vintage, chaises baroques ou encore tapisserie orientale. Ca fleure bon la récup et ça le fait.

Au Freegan Pony, on ne récupère pas que du mobilier. Tout ce que vous avez dans vos assiettes provient du marché de Rungis. Le « plus grand marché du monde » offre ses invendus à l’association plutôt que de les jeter. Cette idée, c’est celle d’Aladdin, le fondateur du restaurant. Squatteur par choix depuis plusieurs années, l’ancien étudiant en mode n’en est pas à son premier coup d’essai. « J’ai déjà organisé des soirées et des expos dans cet entrepôt, confie-t-il. L’objectif cette fois, c’est de sensibiliser les gens au gaspillage alimentaire. On veut leur prouver qu’en travaillant des produits normalement destinés à la poubelle, on peut goûter à de la vraie bonne cuisine. On a aussi dans l’idée de rassembler les gens de tous les milieux sociaux autour de cette cause. Du bobo au sans-abri, en passant par les couples et les familles nombreuses. Tout le monde est le bienvenu au Freegan Pony. »

Côté cuisine, c’est le branle-bas de combat. Et là aussi, l'équipe a pu compter sur le soutien et l'expérience d’Emmaüs pour équiper la cuisine. Si les conditions sont drastiques, les cuistots s’en accommodent. Les chefs, étoilés qui plus est, vont se relayer un soir par semaine, entourés de bénévoles. Une fois n'est pas coutume, on a fait appel à trois chefs pour débuter ce soir. Jérôme Mussy, chef du restaurant La Mauvaise Réputation dans le 2e arrondissement, s'adapte : « On travaille uniquement avec du matériel récupéré. C’est compliqué mais le plus délicat est de travailler des produits invendus. Ils sont plus fragiles. Ca demande une attention particulière mais c’est encore plus réjouissant de montrer qu’on peut faire de la grande cuisine dans des conditions aussi limitées. »

Mais assez parlé des chefs, passons à table. Ici, pas de service, on va chercher son assiette soi-même comme à la cantine du collège. Ne reste plus qu’à s’installer à la table de son choix puis place à la dégustation. Et là, on est surpris par la créativité du menu. A la carte : cogollos salade en entrée, aubergines rôties avec des prunes au curry noir et en dessert bananes poêlées glacées au gingembre. Le tout pour une bouchée de pain. Au milieu de tout ça, on discute avec les voisins de table. On choisit même sa musique sur l'ordinateur du bar. Le Freegan Pony, c'est un peu comme faire un repas chez des potes. On repart l’estomac et le porte-monnaie bien remplis. L'impression en plus d'avoir participé à quelque chose d'utile. 

 

© Rubens Ben

 

© Rubens Ben

 

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© Rubens Ben

 

© Rubens Ben

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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