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Actualités / Théâtre

Quels spectacles faut-il voir à Avignon cet été ?

Avignon
© Elsa Pereira / Time Out Paris

La 70e édition du Festival d'Avignon, qui aura lieu 6 au 24 juillet 2016, se place sous le signe de la révolte. Avec un focus Moyen-Orient et de nombreux spectacles européens ancrés dans l'ici et maintenant, elle s'annonce enthousiasmante.

Après une édition 2015 assez décevante, Olivier Py, directeur du Festival d'Avignon, entend proposer cette année à travers 51 spectacles dont 36 créations un théâtre davantage en dialogue avec le monde. Un théâtre utopique, lieu de constat des problèmes politiques et de réinvention du vivre-ensemble. Lieu, sinon de révolution, du moins de relais et d'analyse des soulèvements. Avec son cheval de Turin – dernière chose que Nietzsche a embrassée avant de sombrer dans la folie – cabré sur fond orange, l'affiche du Festival réalisée par le plasticien franco-algérien Adel Abdessemed dit la proximité dans le malaise des artistes programmés cette année. Qu'ils soient d'ici ou d'ailleurs.

 

Olivier Py © Christophe Raynaud de Lage

 

Le monde arabe à l'honneur

Dès son arrivée à la tête du Festival d'Avignon, en 2014, Olivier Py programmait le premier spectacle en langue arabe de l'histoire du Festival : ‘Archives’ de l'Israélien Arkadi Zaides. Et l'an dernier, il faisait venir l'Egyptien Ahmed El Attar. Avec 6 spectacles, un programme cinéma ainsi que des lectures, le focus Moyen-Orient de cette année confirme l'ouverture du directeur aux formes issues du monde arabe. Et donc au théâtre politique, la plupart des spectacles moyen-orientaux programmés étant traversés par les conflits en cours.

On pourra découvrir la dernière création du metteur en scène syrien Omar Abusaada, ‘Alors que j'attendais’ de Mohammad Al Attar. Le Festival accueille également la figure de proue du théâtre iranien, Amir Reza Koohestani, ainsi que le poète et rappeur libanais Marc Nammour. Son ‘Roi Lear’ ayant fait un fiasco l'an dernier, Olivier Py n'investira pas lui-même le Palais des Papes ; après ‘Les Damnés’ mis en scène par Ivo Van Hove avec la troupe de la Comédie-Française, l'Israélien Amos Gitaï y montrera le 10 juillet sa version théâtrale de ‘Yitzhak Rabin : chronique d'un assassinat’. Côté danse enfin, le Libanais Ali Chahrour sera présent avec deux spectacles : ‘Fatmeh’ et ‘Leïla se meurt’.

'Archives' © Christophe Raynaud de Lage

 

 

Emergences européennes

Loin de se limiter au focus Moyen-Orient, le politique parcourt aussi bon nombre des créations européennes de cette édition. En privilégiant le texte contemporain par rapport au répertoire et en faisant une large place à la jeunesse, Olivier Py ouvre les remparts avignonnais à des récits en prise directe avec le réel. Avec la montée des nationalismes, de l'autoritarisme et la révolte montante des populations civiles. Maëlle Poesy, par exemple, monte une fable politique adaptée de ‘La Lucidité’ de José Saramago, qui n'est pas sans faire écho à Nuit Debout. La Belge Anne-Cécile Vandalem raconte dans 'Tristesses' les aventures d'une dirigeante d'un parti populiste dont la mère est retrouvée morte dans des circonstances étranges. La Suédoise Sofia Jupither dit à travers ‘La Tigresse’ de la Roumaine Gianina Cărbunariu le repli identitaire occidental face à l'étranger, et le Blitztheatregroup poursuit avec ‘6 A.M. How to disappear completely’ sa dramaturgie ancrée à la crise grecque...

Entre deux spectacles politiques, on pourra se rassasier d'onirisme. De récits plus purement fictifs que les précédents. On se promènera dans la ville avec le ‘Prométhée enchaîné’ d'Olivier Py. On retrouvera la violence performative d'Angélica Liddell avant de se perdre 12 heures durant dans les méandres des enquêtes littéraires de ‘2666’ de Roberto Bolaño adaptées par Julien Gosselin. A noter aussi, l'entrée de la marionnette au Festival. Bérangère Vantusso mettra en effet ses pantins hyperréalistes au service de ‘L'Institut Benjamenta’ de Robert Walser. Et dans le cadre des Sujets à vif, le marionnettiste et directeur du TJP (Centre dramatique national d'Alsace-Strasbourg), Renaud Herbin créera avec l'auteure Célia Houdart une forme courte. Le reste de la programmation promet bien d'autres réjouissances, que nous partagerons avec vous tout au long du Festival.

 

 

 

Quoi ? • 70e édition du Festival d'Avignon
Quand ? • Du 6 au 24 juillet 

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Commentaires

1 comments
Elsa Pereira

Sans virer dans le systématique  "c'était mieux avant", j'avoue avoir été assez déçue par la programmation l'an dernier, la sensation de ne rien voir de nouveau, de ne pas être surprise... J'attends de voir cette année si la tendance se confirme.