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Un photographe immortalise les derniers troquets de Paris et sa banlieue

Un photographe immortalise les derniers troquets de Paris et sa banlieue
blaise arnold

« Il est cinq heures, Paris s’éveille. Le café est dans les tasses, les cafés nettoient leurs glaces », chantait Dutronc en 1968. Aujourd’hui, que reste-t-il de ce Paris à la « mauvaise mine » qui s’ébauche dès l’aube ?

Une question que posent également les photographies de Blaise Arnold. Depuis plus de dix ans, ce sont les vestiges de ce vieux Paris que l’artiste, petit-fils de bistrotiers, immortalise. Arpentant les ruelles désertées de la capitale et sa banlieue, le photographe tente de capturer une époque qui se dérobe. Sa série Red Line rend hommage à ces vieux PMU, ces bistrots et cafés de quartier en voie d’extinction, victimes collatérales de la gentrification, de l’implantation démultipliée des chaînes américaines et d’une classe ouvrière qui se fait toujours plus discrète à Paris.

Par un habile jeu de lumières, où le ciel ombrageux d’une nuit pluvieuse cède la place à la clarté naissante du petit matin, les néons rouges des devantures de ces troquets typiquement parisiens témoignent d’une urgence, d’une nécessité de saisir maintenant et tout de suite ces « phares pour les ouvriers », aujourd’hui menacés.

Time Out : Pourquoi avoir choisi de photographier les vieux bistrots de Paris et sa banlieue ?

Blaise Arnold : Parce que d’un coup, j’ai pris conscience de leur disparition. Ce sont des lieux populaires, les habitués étaient des travailleurs manuels pour la plupart, des ouvriers. Mais avec la disparition des usines, les cafés risquaient de suivre. Je ne dénonce rien, je constate qu’une partie de la population disparaît et ces lieux de rencontre aussi. Dans le même genre, les boucheries chevalines suivent le même chemin, j’essaie de les photographier également mais leur clientèle vieillit. C’est plus ou moins la même typologie humaine.

Pourquoi avoir intitulé cette série « Red Line » ?

Red Line, la ligne rouge, cette ligne est comme un fil d’Ariane qui nous guide dans la nuit grise et humide vers un endroit où l’on aura un contact avec le patron et/ou les autres clients. J’ai beaucoup aimé ces lieux, j’en viens, je connaissais ces gens. Le café & calva le matin avant de « pointer » à l’usine, la partie de flipper lorsque je sortais du collège, les histoires de comptoir. Tout change, mais plus vite que je ne l’imaginais. Alors pour ne pas oublier, j’essaie de photographier au plus vite et de la plus belle des manières possibles.

Et ça, on peut dire que c’est réussi ! 

© Blaise Arnold

 Le Montana, Malakoff

© Blaise Arnold

Bistrot 67, Paris 11e 

© Blaise Arnold

 Les Sports, Ivry-sur-Seine

© Blaise Arnold

 Le Blues Bar, Bondy

© Blaise Arnold

 Café de la Gare, Ivry-sur-Seine

© Blaise Arnold

Le Danube, Paris 19e 

© Blaise Arnold

 Le 1930, Paris 11e

© Blaise Arnold

 Chez Pierre, Saint-Ouen

© Blaise Arnold

Lilly's Café. Dalle Chinatown, Paris 13e 

© Blaise Arnold

 Le Métro, rue des Pyrénées, Paris 20e

© Blaise Arnold

 Le Gallia, Gentilly

© Blaise Arnold

 Le Tabac du Parc, le Perreux-sur-Marne

 

 

 

 

 

 

 

 

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Commentaires

1 comments
Emmanuel Chirache

Bel hommage à ces rades, qui sont en effet des "phares" pour l'ouvrier. Ils cachent souvent une grande misère sociale mais réchauffe les coeurs de ceux qui s'y abreuvent. J'habite près de l'Ariel, et je l'ai à peine reconnu sur la photo, comme quoi...