Osiris, mystères engloutis d'Egypte

Monuments & Musées
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Osiris (©C.Gaillard)
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Statuette de Isis et Osiris en bronze
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Osiris-Canopes
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Osiris et statue en bois de sycomore de Sérapis
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Bague avec intaille d'un aigle en or et calcédoine
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Pectoral en or et lapis-lazuli
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Aiguière en or
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Naos des Décades
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Amulette en or à l'effigie d'Osiris
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Stèle de Thônis-Héracléion

Laissez-vous submerger par l’émotion que procurent ces vestiges antiques sauvés des eaux.

En partenariat avec l'IMA. 

Tel le dieu de la mythologie égyptienne Osiris, ressuscité après avoir été assassiné par son frère Seth, les quelque 290 pièces mises au jour par l’archéologue Franck Goddio et l’IEASM (l’Institut Européen d’Archéologie Sous-Marine) retrouvent une seconde vie sur terre. Débarrassées des sédiments qui les recouvraient et des algues qui les momifiaient, elles semblent aujourd’hui plus réelles que jamais. Leur impressionnant état de conservation nous fait d’ailleurs opérer un incroyable saut dans le temps, lorsque les pharaons régnaient encore sur les Deux Terres. C’est à peine si les arêtes polies par le roulement des vagues du naos des décades – chapelle miniature où reposait l’effigie d’une divinité – nous rappellent que tous ces objets ont autrefois été engloutis par les flots. Pourtant, cela faisait bien douze siècles qu’ils reposaient au fond de la mer, au large des cités disparues de Canope et Thônis-Héracléion.

Nous-même, visiteur, ressentons ce sentiment d’immersion en parcourant l’exposition ‘Osiris, mystères engloutis d’Egypte’. Ainsi, dès l’entrée, on se retrouve dans une absence de lumière abyssale. Au sol, des effets aqueux, ombres aux teintes bleues, donnent l’impression de marcher sur l’eau de la Méditerranée. Une plongée dans les abîmes de l’Histoire qui n’a cependant rien d’effrayant, compte tenu de l’aspect pédagogique mais aussi ludique que prend l’événement. Ce qui explique sans doute son succès – déjà 200 000 curieux séduits – et sa prolongation jusqu’au 6 mars.    
Il faut dire que pour apprécier les trouvailles repêchées par Franck Goddio et ses collaborateurs, nul besoin d’être un expert. En plus d’une frise chronologique et de cartes interactives remémorant les grands faits historiques de l’Egypte antique, de nombreuses vidéos jalonnent les salles, permettant de mieux comprendre comment se déroulent des fouilles sous-marines. De même, la légende d’Osiris se dessine en filigrane dans l’espace, grâce à un écran semi transparent, afin que chacun puisse se familiariser avec le thème central de l’exposition. La muséologie, elle, se veut sobre et abordable, sans oublier d’être divertissante et magnifique, comme en témoigne la projection hiéroglyphique de la cérémonie des Mystères d’Osiris qui court le long des murs.

Une fois remis dans le bain de la mythologie et des rituels ancestraux, le visiteur que nous sommes peut donc s’imprégner de la beauté des trésors révélés. Qu’ils soient en or comme cette bague avec intaille en forme d'aigle, cette aiguière ou cette amulette en pierres précieuses, tel ce pectoral exceptionnellement prêté par le musée égyptien du Caire, ou dans des matériaux moins nobles à l’instar de ces sphinx, ces brûle-encens, ces situles rongées par l’acidité marine. Ou encore ce cuve-jardin où, durant la cérémonie des Mystères, on plaçait un Osiris végétant, fait d’orge et de limon noir, arrosé par l’eau du lac. Une fois germé, ce gisant devenait symbole de fécondité. Une tradition religieuse longuement abordée au fil de l’exposition. 
Tout comme le lien étroit existant entre les croyances égyptiennes et grecques, notamment dans la cité de Thônis-Héracléion. Les objets qui y ont été retrouvés possèdent en effet un air de ressemblance indéniable avec les antiquités de l’île hellène, à l’image des Osiris-Canopes ou de la sculpture en bois de sycomore représentant Sérapis. Un dieu synthèse de Zeus, Hadès, Poséidon et… Osiris. Ce dernier était d’ailleurs associé plus particulièrement à Dionysos, en raison de leur attachement commun à l’élément liquide. Un syncrétisme prouvant que la conciliation religieuse n’est pas un mythe. Une idée qui devrait nous rassurer pour l’avenir car c’est en appréhendant le passé qu’on peut bâtir le futur.

Néanmoins, Franck Goddio reste lucide : seuls 2 à 3 % de ces vestiges ont été remontés, le reste dormant encore à plusieurs mètres de profondeur. L’archéologue n’est donc pas au bout de son labeur. Et nous, au bout de nos (bien belles) surprises.    

Par Clotilde Gaillard

Publié :

Téléphone de l'événement 01.40.51.38.38
Site Web de l'événement http://www.imarabe.org
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