0 J'aime
Epingler

Interview avec May Day

Le duo parisien vient de sortir son nouvel album 'Somewhere To Be Found'

Time Out Paris : Notre entretien se déroule dans un lieu qui vous tient à cœur, la boutique Gals Rock à Paris.

Maud : Oui, je connais bien les patronnes de Gals Rock. Clémence et Pauline ont ouvert cet endroit il y a trois ans, et je connais Clémence depuis huit ans. La boutique a été créée autour d'un concept : les filles dans le rock. Ici, on trouve de tout, des livres, des revues, des souvenirs, des vêtements et surtout... plein de bons disques ! J'y passe très souvent.

TOP : J'imagine que vous en profitez pour collaborer de temps en temps.

Maud : Disons que ça rentre dans leur champ d'action d'aider les artistes en programmant des showcases. Le premier EP, 'Meet My Love' paru en mai l'an dernier, a été vendu exclusivement chez Gals Rock. On est venu également faire une écoute du nouvel album en avant-première ici, dans son édition vinyle. On s'est dit que c'était sympa de le faire écouter sous ce format spécial, alors on a fait une petite sauterie où les gens pouvaient venir librement se faire leur opinion sur le disque.

TOP : Pourquoi avoir réalisé une édition en vinyle ?

Maud : Ça a été un long processus. Nous sommes autoproduits et le numérique ne nous coûte pas trop d'argent, du coup le disque est fabriqué à moindre frais, et la distribution ne revient pas chère non plus. Julien et moi sommes toutefois attachés au principe d'avoir un objet entre les mains, alors nous nous sommes dits quitte à faire un objet autant faire un vinyle en série limitée. A l'intérieur de la pochette, nous avons aussi ajouté un CD pour que tout le monde soit content.

TOP : Depuis combien de temps le groupe existe-t-il ?

Julien : Maud a longtemps joué en solo, les premières chansons remontent à 2006. On s'est mis à travailler ensemble sur le premier EP, où je suis intervenu pour l'enregistrement. Sur scène, c'est seulement depuis début 2011 que nous sommes devenus un duo.

Maud : Au départ, c'était un projet solo, juste des démos enregistrées sur un mini-disque et ça n'allait pas chercher bien loin. Le premier disque a pris une autre dimension grâce à Julien. Nous travaillons en binôme parce que j'écris et je compose, tandis que Julien arrange et réalise. Sur disque et sur scène, on travaille toujours à deux.

TOP : Vous avez tourné dans beaucoup de petites salles parisiennes. Ce circuit, est-ce que c'est facile de l'intégrer ?

Julien : Je suis dans le milieu alternatif depuis pas mal d'années, ce sont des dynamiques qui changent de lieu en fonction des périodes et des genres de musique. La Flèche d'or proposait des concerts gratuits, mais c'est devenu payant. Il y a une énorme demande à Paris, donc c'est forcément compliqué pour un groupe qui débute. Malheureusement, il n'existe pas beaucoup d'intermédiaires entre les petits endroits pas très bien équipés avec des conditions précaires et les salles de 4 ou 500 personnes où tout est plus pro. Ce qui nous convient bien, ce sont les cafés-concerts gratuits, mais qui sont bien équipés, qui mettent en valeur le concert, et où les gens viennent par curiosité. On a envie de soigner nos live pour que les gens découvrent notre musique dans les meilleures conditions.

TOP : Vous avez aussi fait la première partie de Zazie à l'Olympia. Racontez-nous ça !

Julien : A l'époque où Maud jouait en solo, je faisais le son pour elle. On jouait sur une petite péniche tous les mois et Zazie est venue un jour à l'improviste. Elle a vu Maud en concert et un ou deux ans après, elle a proposé lui a proposé de faire sa première partie. Maud a refusé, je me suis énervé et elle a finalement accepté à condition de ne pas être seule sur scène.

Maud : j'ai dit non, parce que bon, c'est l'Olympia... c'est trop. Je ne vis pas de la musique, je ne suis pas intermittente, j'ai une vie de bureau et la musique restait un loisir. Cette proposition était presque « gaguesque », je ne me sentais pas prête à le faire et j'estimais que des tas d'artistes le méritaient davantage que moi ! Finalement, Julien a réussi à me convaincre. Il nous fallait juste un disque à défendre, on avait cinq mois pour l'enregistrer. Ça nous a mis le pied à l'étrier, en gros.

TOP : Alors ça s'est passé comment ?

Maud : C'était super ! En fait, c'est mieux de jouer dans une grande salle comme ça. J'étais très stressée les jours précédents mais sur le coup, c'était hyper agréable. Tous les gens avaient l'air contents. On ne s'est pas démontés et on a fait ce qu'on sait faire comme partout. Dans la salle, le public était réceptif et attentif.

Julien : Ce sont des belles conditions pour jouer, un luxe auquel on prend facilement goût ! C'est un peu comme ça que ça devrait être tous les jours, dans l'idéal.

Maud : Dans une telle salle, on est débarrassé des problèmes techniques habituels. Du coup, on est uniquement focalisés sur la musique.

TOP : J'imagine que ça vous a valu quelques nouveaux fans.

Maud : Oui, on a vu un gros flux sur Facebook. Et comme le maxi venait de sortir, on en a vendu beaucoup tout de suite. Les gens ont vraiment aimé !

TOP : Vous êtes autoproduits, c'est un choix ou une nécessité ?

Maud : Je ne sais pas. On avait la chance de pouvoir faire les choses nous-mêmes, alors pourquoi démarcher des labels pour réaliser ce qu'on a déjà fait ? Cela dit, une fois que le disque est enregistré, pressé, et qu'il a une jolie pochette, à ce moment-là commence un autre boulot et c'est pour ça que nous faisons appel à We Do Music pour la promo web.  L'autoproduction nous procure une grande liberté, on peut faire un disque qui ressemble à ce qu'on veut et mettre un sticker débile dessus si l'envie nous en prend ! Bien sûr, si demain quelqu'un nous propose un super projet, on sera à l'écoute.

TOP : La suite, maintenant, c'est une tournée ?

Julien : Oui, on va tourner. Autant sur album, on invite des gens et on ne se donne pas de limites dans les arrangements, autant sur scène on reste un duo. C'est une formule qu'on a rôdée et qui est plus simple pour tourner. On a transposé les arrangements complexes sur scène, du coup je fais des percussions, j'ajoute des effets de guitare pour épaissir le son, et on joue de plusieurs instruments tous les deux. Notre numéro est vraiment original. On a beaucoup bossé pour que le spectacle soit sur les rails et on est impatients de pouvoir le défendre aussi hors de Paris.

May Day sera en concert gratuit à la boutique Gals Rock dimanche 18 novembre à 18h :

https://www.facebook.com/events/406342479439565/

Pour en savoir plus sur le groupe : http://www.maydaysmusic.com/

Commentaires

0 comments