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Les meilleurs albums 'Live in Paris'

Notre top 5 des albums enregistrés en concert dans notre capitale

Tout au long de l'Histoire, la ville de Paris a fait ses preuves en tant que source inépuisable d'inspiration pour de nombreux artistes, et ce à travers des formes d'art différentes. Ainsi, rien d'étonnant à ce que les producteurs chargés d’organiser les tournées européennes de musiciens internationaux mettent Paris en tête – si ce n’est à la première place – sur leur liste de destinations incontournables. Beaucoup, lorsqu’ils arrivent ici, décident même qu'il n’y a pas de meilleur endroit pour sortir un album live. Peut-être dans le but d'offrir aux fans un souvenir impérissable de l'événement, ou, plus réaliste, pour rentabiliser le temps et le travail acharné qu'ils ont investis sur les routes.

Au cours des dernières décennies, il y a eu des centaines et des centaines d’opus intitulés « Live in Paris » (pour s’en rendre compte, il suffit d’examiner la très longue liste d'albums live enregistrés à l'Olympia, et à l’Olympia seul). Mais, parmi eux, quels sont vraiment les meilleurs ? En commençant par les plus récents, nous avons classé nos cinq favoris. Allant des sons cuivrés du jazz classique de 1964 à ceux plus électrisants d’un groupe post-punk.

Tinariwen - 'Live in Paris, Oukis N'Asuf'

Tinariwen - 'Live in Paris, Oukis N'Asuf'

La performance festive de Tinariwen, blues band du désert malien, a été enregistrée il y a un peu moins d’un an au théâtre des Bouffes du Nord. Cet exaltant album, qu’on pourrait vaguement traduire par « Perdre le blues », dévoile un quatuor au sommet de son art. Un groupe dont les rythmes enivrants et les chants hypnotiques pourraient être capables de plonger les spectateurs dans une rêverie nocturne magique, semblable à la transe. Marqué par l’apparition sur scène de Lalla Badi, doyenne de la musique malienne « tinde » (« tinde » désignant à la fois un genre de musique accompagnant les cérémonies traditionnelles, chanté uniquement par des femmes, et une sorte de petit tambour typique, utilisé pour ces célébrations), le concert apparaît autant comme un remarquable hommage à Badi que comme une ode à l'effervescence de la culture tamasheq. Deux points culminants de cette prestation, qui couvre tout le répertoire de Tinariwen et comprenant aussi des numéros joyeusement exubérants tels "Imidiwan Ahi Sigdim" ou un glorieux ensemble vocal sur "Azawad". Pour vous donner un aperçu, voici une vidéo du morceau final joué par le groupe durant son « live in Paris ». 

Jeff Buckley - 'Live à l'Olympia'

Jeff Buckley - 'Live à l'Olympia'

Les enregistrements qui composent cet album live proviennent d'une cassette trouvée chez Buckley après sa mort. Dix d'entre eux ont été glanés durant deux spectacles à l'Olympia, les 6 et 7 Juillet 1995, un an après la sortie du séminal ‘Grace’. Et, bien que les images récupérées soient légèrement floues, ces deux prestations sont parmi les meilleures que le défunt chanteur ait livrées. Des grandioses "Lover You Should’ve Come Over" et "Dream Brother", qui durent chacune sept minutes, à la brillante reprise de MC5 "Kick Out The Jams", sans oublier les chœurs déchirants de "Hallelujah", l'album est solide et exaltant. Pour cause, il constitue une spectaculaire vitrine à la fameuse et flottante voix de fausset de Jeff Buckley, ainsi qu’à son impressionnante maîtrise de la guitare. Quant à la onzième piste, elle n’a pas été immortalisée lors des précédentes dates à l’Olympia mais au cours d'une performance au Festival de Musique Sacrée en 1995. Une rareté qui s’est tenue dans l’ouest de la France et qui offre un magnifique trio avec la chanteuse azerbaïdjanaise Alim Qazimy et son « tabla ».

Charles Mingus - 'The Great Concert of Charles Mingus'

Charles Mingus - 'The Great Concert of Charles Mingus'

Plus de cinquante ans après cette soirée du 18 avril 1964, on ne peut hélas que péniblement imaginer la ferveur palpable peu avant minuit et le début du concert dans cette salle comble du théâtre des Champs-Elysées. Charles Mingus, 42 ans, est alors au sommet de sa carrière, un an après la sortie de son indépassable ‘The Black Saint and the Sinner Lady’, réunissant sur scène un sextet à faire pâlir tout amateur de jazz : Eric Dolphy (flûte, sax alto, clarinette basse), Clifford Jordan (sax ténor), Jaki Byard (piano), Dannie Richmond (batterie) et Johnny Coles (trompette, tombé malade au cours du concert, présent uniquement sur "So Long Eric"). Heureusement, il y a ce double album (et triple vinyle) pour témoigner de la densité de ces deux heures de jazz résolument moderne et intelligent, politique et viscéral. Dans ce groupe, point de bataille d’egos, chacun se voit accorder de la place et peut s’exprimer au cours de solos, tout en rendant justice au talent de compositeur de Mingus. A l’écoute, on imagine les musiciens en train de jouer sur scène, mais aussi de flâner dans ce Paris des quartiers chic, avant et après le concert. En noir et blanc, forcément.

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Joy Division - 'Les Bains Douches'

Joy Division - 'Les Bains Douches'

Voici l’un des plus beaux et des plus puissants enregistrements live de la bande emmenée par Ian Curtis. De nombreux documentaires en témoignent, Joy Division en studio n’avait fondamentalement rien à voir avec Joy Division en live, et c’est d’ailleurs dans l'arène scénique que le groupe se montrait tout à fait extraordinaire. Plus punk et plus désordonné, plus féroce et plus énergique, ce concert au désormais défunt club Les Bains Douches le prouve bien : le batteur Stephen Morris joue agressivement et sans relâche ; le guitariste Bernard Sumner et le bassiste Peter Hook forment un couple en parfaite harmonie ; et Ian Curtis dégage une puissante et ardente présence, presque intimidante. Poussant des cris, grognant et invoquant le public à reprendre ses paroles emplies d’un sentiment de perte et de culpabilité, il fait de cette prestation un classique. Si tant est que la frénésie qui s’érige en souvenir de ce qui définit un incroyable live du groupe le soit.

A noter que la meilleure performance de toutes demeure sans aucun doute "Transmission", dont le tintement des cymbales, les riffs vigoureux et les échos des tambours sont étonnamment bien captés.

Chet Baker - 'Broken Wings'

Chet Baker - 'Broken Wings'

Baker a enregistré bon nombre d’albums en Europe vers la fin de sa carrière, mais cette période est souvent négligée au profit de ses opus précédents, ancrés dans la scène du jazz américain. Et c’est bien dommage car 'Broken Wings' - enregistré en décembre 1978 - est l'une des performances les plus spectaculaires de Baker. Accompagné par le fantastique pianiste Phil Markowitz, le bassiste français Jean-François Jenny-Clark et le batteur Jeff Brillinger, Baker produit un album décontracté, « relax » par excellence, offrant une belle interaction entre les quatre musiciens. La plupart des chansons sont rallongées en raison des solos (de Baker principalement) et doublées d’une tracklist se partageant entre standards de jazz et morceaux originaux. L'expertise combinée de ce quatuor de courte durée (en effet, comme cela arrive souvent, ils n’ont pas été réunis ensemble sur un autre disque) donne à entendre de belles envolées, mais surtout de merveilleux solos de Baker et Markowitz sur "Blue Gilles".

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