Pitchfork Music Festival / Jour 1 : Beach House + Deerhunter + Ariel Pink + Destroyer...

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Pitchfork Music Festival / Jour 1 : Beach House + Deerhunter + Ariel Pink + Destroyer...

Oyez, oyez, bande de tarés d'indie loufoque, de musique pop fraîche comme la rosée, de mélodies entêtantes comme l'odeur de cuir neuf des nouvelles voitures, ceci est votre soirée. Celle-là et pas une autre, car, sauf crash musical majeur ou panne d'électricité générale, ce que vous vous apprêtez à entendre est de haute volée.

Pour ceux qui auraient vécu dans un abri anti-atomique ces dernières années, il sera grand temps de découvrir Beach House. Le duo de Baltimore, emmené avec grâce par Victoria Legrand, nous a ouvert les portes de sa cabine de plage en 2008 avec son discret second album 'Devotion' (et le sublime titre "Heart of Chambers"), puis en 2010, avec l'ultratubesque 'Teen Dream' (marquant le début de sa collaboration avec Sub Pop). Cet automne, Beach House viendra présenter sa dernière petite merveille, 'Depression Cherry', cinquième opus de la plus délicate dream pop de ces dix dernières années, rien que ça. Des mélodies douces et lancinantes, une voix à la caresse grave et des titres portés à des années-lumière de la terre par un synthé supersidéral.

Des étoiles au trou noir, il n'y aura qu'un petit pas pour l'homme, ce jeudi soir. Le temps d'allumer des cierges imaginaires pour la grand-messe post-rock de cette soirée avec les Canadiens de Godspeed You! Black Emperor. Ambiance deep, guitares saturées, envolées lyriques mâtinées d'une électrique rage froide... Oui, GY!BE est du genre à vous envoûter et vous happer à six pieds sous terre jusqu'à ce que vous manquiez d'air. Si les plus excités bouderont sans doute cette débauche bruitiste à la longueur aussi légendaire qu'assumée, ceux qui ont déjà écouté 'Yanqui U.X.O.' se laisseront griser par les notes de leur dernier album, 'Asunder, Sweet and Other Distress'. 

Notre coup de cœur de la soirée ? Ce sera à n'en pas douter Deerhunter. On les avait quittés à regret il y a deux ans avec l'excellent 'Monomania', troisième album d'une discographie jusqu'ici PARFAITE (oui, oui, vraiment). Leur concentré de rock protéïforme et touche-à-tout, puisant çà et là dans le noise, le punk, le garage et la pop, fait que nous les attendons comme le messie. Et ce n'est pas leur nouveau titre "Snakeskin" présentant leur nouvel album ('Fading Frontier' / sortie prévue le 16 octobre) qui nous fera dire le contraire. Bradford Cox, comme sur "T.H.M.", compose ce genre de petites mélodies parfaites, de celles que vous êtes heureux de garder en tête pendant une semaine à la différence de ce putain de générique des "Minikeums" qui resurgit d'on ne sait où pour vous torturer.

Viendra alors un moment où vous vous demanderez peut-être qui est cet énergumène complètement fou qui s'agite sur scène. Ce sera Ariel Pink. Oscillant entre bête de scène et bête de foire, l'interprète de l'excellent "Round and Round" (sur 'Before Today', 2010) jouera son album 'Pom Pom' qui tourne sur nos platines depuis 2014. Des sons foutraques, des chansons tarées, cheesy ou surcocaïnées, c'est sûr, vous allez dodeliner de la tête. Et qu'elle soit brune, blonde, rousse, bleue ou rose comme celle d'Ariel, vous secouerez votre tignasse. 

Sur scène aussi ce jeudi soir, la douce pop de Destroyer, emmené par son leader Dan Bejar (dont on préfère le side project Swan Lake), l'ovni WTF Kirin J. Callinan à mi-chemin entre Barat, Bowie, Gunther et Jarvis Cocker (matez ses clips "Victoria" et "Terrible Love", ça vaut le détour) ainsi qu'Haelos, petits nouveaux signés chez Matador Records aux faux airs de Portishead.

Par Jenny Stampa

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