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Transient Festival 2015 : interview de l'organisateur

Du jeudi 5 au dimanche 8 novembre

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Quand on a vu débarquer le Transient l’an dernier, pour sa première édition, on a littéralement écarquillé les yeux. D’abord parce que la programmation alliant installations d’art numérique et concerts électro faisait preuve d’une rare ambition et maturité ; alors que les festivals électro lambda se contentent d’aligner les stars du moment, l’équipe de Sinchromatic faisait le pari d’une programmation pointue et cohérente, réunissant notamment Kangding Ray, Fennesz, Somaticae, Arovane et Richard Devine. Ensuite parce qu’on se demandait comment un festival aussi spécialisé serait viable, et surtout si le public se déplacerait. Le jour J, face à la petite foule qui se pressait à Mains d’œuvres, force était de constater que oui, il y avait bien une place pour le Transient à Paris. Sinchromatic organise d’ailleurs du 5 au 8 novembre une nouvelle édition du festival, avec un line-up à se damner (voir sous l'interview). Nous avons posé quelques questions à son organisateur, Sacha Rolland.  

Time Out Paris : Quel bilan tirez-vous du Transient 2014 ? Est-ce qu’il s’agissait pour vous d’un coup de poker ou, au contraire, est-ce que vous étiez persuadé que le public répondrait présent pour ce type d’événement à Paris ? 

Sacha Rolland : Nous sommes très satisfaits de cette première édition. La réaction du public a été très forte et spontanée. Nous n'avons pas eu à faire grand-chose pour sentir que l'annonce d'un nouveau festival excitait pas mal de monde. Les artistes étaient également très contents de leur participation et la presse nous a bien suivis.

Mais une première édition de festival est toujours risquée. Notre structure a été lancée en même temps que le festival et ça prend du temps de fidéliser un public. De plus, notre concept comporte une prise de risque artistique évidente par son aspect expérimental, et particulièrement la programmation de 2014 qui était très pointue. Mais nous avions confiance dans le fait qu'il existe un public en attente d'événements de ce type. C'est dans l'air du temps.

Votre démarche rappelle ce que Présences électronique, Qwartz ou Nemo (dont vous êtes d’ailleurs partenaire pour cette édition), ont pu entreprendre à Paris ces dernières années…

Bien sûr, ce sont des événements auxquels on aime participer. Nous ne prétendons pas présenter un concept totalement nouveau mais nous voulons amener un format qui correspond plus à notre vision de la scène électronique et digitale. Il ne faut pas oublier que l'electronica et l'art numérique existent depuis des années. Ce sont les attentes du public qui ont évolué.

Les pratiques artistiques liées au numérique sont en pleine expansion. La notion de « cultures digitales » parle à de plus en plus de monde et cela se ressent dans l'art aujourd'hui ; on retrouve du numérique partout (musique, théâtre, danse et même opéra utilisent de plus en plus de technologies numériques dans leur scénographie).

Quant aux musiques électroniques, elles connaissent un tel essor aujourd'hui qu'il se crée naturellement un public d'amateurs désirant explorer plus profondément ce genre musical. Ils se tournent donc vers des styles plus expérimentaux. Cela est aussi vrai pour les artistes et les compositeurs qui sont de plus en plus nombreux à axer leurs créations vers des styles plus personnels et plus recherchés. Nous avons donc souhaité créer un événement qui regroupe un maximum de ces pratiques sans se limiter à certaines esthétiques et sans s'enfermer dans un carcan trop communautaire. 

Le cliché veut que la scénographie d’un concert électro se limite souvent à un type qui envoie des mails derrière son ordi, pendant que son mix tourne dans les enceintes. Qu’est-ce qui fait que le Transient casse cette image ? Comment équilibrez-vous la répartition entre concerts, installations et performances audiovisuelles ?

Ahahah ! Tu parles du mec de Kraftwerk ? Des types seraient vraiment capables de faire ça ? Selon moi, un DJ, même commercial, reste un artiste. Et même si certains vont vers la facilité, préparer et jouer un live ou un mix demande un travail important.

Au Transient on privilégie l'aspect créatif des performances, c'est ce qui nous intéresse et on pense que c'est que recherche le public aujourd'hui, que ce soit pour un live IDM, un DJ set techno ou une installation audiovisuelle. Et c'est généralement ce que recherchent les artistes de la scène electronica quand ils travaillent un set. Leurs lives sont de véritables créations et sont souvent plein de sens et de significations.

Nous n'imposons aucune contrainte ni aucun format aux artistes afin de préserver cet aspect créatif. Quand nous décidons de programmer un artiste, nous lui demandons ce qu'il préfère jouer et nous nous adaptons à ses besoins (en temps, en matériel…). C'est ensuite à nous de trouver la cohérence dans les line-up en construisant des atmosphères sensiblement différentes pourchaque soirée et chaque scène du festival.

Nous pensons que l'art numérique et l'electronica sont complémentaires par nature et que la présentation de ces différentes pratiques au sein d'un même événement constitue une homogénéité évidente.

Quels sont les 3 artistes que vous êtes le plus fier d’avoir à l’affiche cette année ?

Question beaucoup trop difficile. Nous sommes bien sûr super fiers d'avoir pu convaincre de grands messieurs comme Luke Vibert, Robert Henke (Monolake) ou Mike Paradinas (µ-Ziq)… ou Richard Devine… ou Murcof… ou Lucy / Landstrumm / Rude 66… On fait nos programmations totalement à l'affect donc je pourrais encore étendre la liste. Mais on est surtout fiers d'avoir réuni 57 artistes (46 performances) autour de ce projet.

En lançant l'organisation du Transient et en diffusant cette année un appel à projets destiné à la jeune création locale, nous nous sommes rendus compte à quel point la scène électronique et digitale était foisonnante. Les projets artistiques sont très nombreux et rivalisent de créativité. Nous sommes donc fiers d'avoir pu programmer une trentaine d'artistes émergents et de donner une place importante à la jeune création.

Vous avez encore des envies ou des idées à réaliser pour les prochaines éditions ?

Beaucoup.  Il y a certains styles musicaux absents cette année que nous aimerions représenter. Et il y a un grand nombre d'artistes que nous aimerions programmer. Nous n'en sommes qu'au début… Le format du Transient lui-même est amené à se métamorphoser chaque année (comme son nom l'indique d'ailleurs) car notre but est de coller au plus près de l'évolution de cette scène et de ces pratiques artistiques.

Est-ce que vous êtes impliqué dans d’autres structures qui promeuvent les musiques électroniques ?

Non. Nous sommes le Transient Festival.

 

>>> Retrouvez une partie de la programmation en vidéo sur cette page. Et plus d'infos sur le site officiel du Transient Festival.

Line-up 2015 :

Jeudi 5 novembre @ Les Instants Chavirés, de 20h à 23h

Franck Vigroux (‘Croix’) + Crypto Tropic (live) + Paskine (live)

 

Vendredi 6 novembre @ Espace Pierre Cardin, de 18h à 2h

Murcof (live) + Emptyset (live) + Richard Devine (live) + Mira Calix (live AV) + Julien Bayle (live AV) + TRDLX & Early Holography & Soul Archive (live AV) + 9th Cloud & Cyril Meroni

 

Samedi 7 novembre @ Espace Pierre Cardin, de 18h à 6h

Monolake (live) + Luke Vibert + Lucy + μ-Ziq + Heiko Laux + Space Dimension Controller + Lakker + Neil Landstrumm + Akkord + Rude 66 + Andrea Parker + Voiron + UVB 76 + Maotik + Syl Kougai + XZICD + K-Sine + Dasein + Alex Augier + Bruyant + Charlène Dannancier & Raphaël Gaudino + Sarah Roulet & Nicolas Tessé + Francesc Marti + Alter Echo + Caroline Benech + Soul Archive + Ignacio Dacio + Virginie Tan + Damien Bourquinel + Ivan Re + Etienne Bernardot

 

Dimanche 8 novembre @ La Villa Mais d'Ici, de 15h à 20h
Ateliers : Clair Eliot + Edouard Sufrin ; installations : Gosh Cie + Collectif Ascidiacea + Thibault Terrasson ; courts métrages : Sébastien Palluel + Romain Bodart

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