Villette Sonique

Musique, Festival de musique
4 sur 5 étoiles
Villette Sonique
philippe levy

Time Out dit

4 sur 5 étoiles

Des concerts gratuits (pas tous). Sur l’herbe. Avec son rosé et son taboulé.

C'est peu dire que l'année 2018 de Villette Sonique fut chaotique. Après le départ du programmateur historique Etienne Blanchot début janvier et l'arrivée d'une nouvelle équipe, cette cuvée 2018 mêlait deux visions artistiques. Niveau cohérence, on était proche d'une réflexion de Jean-Mi sur le matérialisme historique (un Jean-Mi accoudé au zinc à 17h38 au café de la gare de Montluçon). Vilaine tempête. 

Mais qui dit nouvelle année, dit nouveau cycle, avec une 14e édition qui se déroulera du 6 au 9 juin, articulée comme toujours autour de son fameux diptyque concerts payants/plein air gratuit. Pour ce qui est du volet payant, s'il se veut sans aucun doute moins défricheur et aventureux qu'il n'a pu l'être, le festival continue de proposer de beaux noms. On retient notamment cette soirée de clôture où l'on retrouvera Stereolab, mythe vivant de l'indie britannique des années 1990, avec en amuse-bouche, le Néo-Zélandais Jonathan Bree, véritable explorateur des méandres de la pop contemporaine.

Egalement au programme : le Canadien Tim Hecker, accompagné du Konoyo Ensemble pour un concert à l'allure de masterclass à la sauce ambiant. Quant à la soirée du samedi, elle se déroulera en deux temps avec tout d'abord les concerts de Julia Holter et Cate Le Bon, deux chantres de la pop expérimentale. Puis tout se passera ensuite du côté de la Grande Halle, avec une Villette Sonique Club où l'on croisera David August, Objekt ou encore la Tunisienne Deena Abdelwahed, auteure avec Khonnar d’un album entre sonorités acid, bass music et entêtantes invocations. Ultime soirée où il faudra sortir du flouz, celle avec le rappeur de Détroit Danny Brown, cette fois du côté du Périphérique.

Mais là où la transition semble s'être fait presque naturellement, c'est sur le plein air avec une programmation « aiguisée comme une lame, pointue comme un couteau » comme dirait Raggasonic. Et surtout une bonne quinzaine de groupes inratables.

On pense notamment à Crack Cloud, ce collectif post-punk canadien du futur ou encore aux deux zozos de BRACCO, dont le premier album nous emmène dans une faille spatio-temporelle entre l'Angleterre cradingue des années 1980 et une fête illégale sous le périph' en 2044. Citons aussi les Anglais de Black Midi et leur post-quelque chose complètement possédée, les nouveaux-nouveaux princes du punk britanniques de Fontaines D.C., la synthpunk de Maria Violenza, les petits cousins des Oh Sees de Warm Drag ou encore le virtuose touareg Mdou Moctar. On aurait pu continuer encore longtemps mais on est déjà à deux doigts de sortir la ventoline.

Et pour ceux qui ne sont pas encore convaincus d'aller s'ébrouer au Parc de la Villette, rappelez-vous bien que TOUT le programme en plein air est entièrement GRATUIT. A vous la ventoline. 

Par Rémi Morvan

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