En décembre 1905, à la galerie Eugène Blot, boulevard de la Madeleine, douze bronzes de Camille Claudel côtoyaient les sculptures d'un jeune Allemand alors inconnu : Bernhard Hoetger. Cent vingt ans plus tard, le musée Camille Claudel les réunit à nouveau, du 12 septembre 2026 au 10 janvier 2027.
L'exposition, coproduite avec le musée Paula Modersohn-Becker de Brême et la Alte Nationalgalerie de Berlin, ressuscite ce duo oublié : Hoetger reste le seul artiste avec qui Claudel ait partagé une exposition personnelle de son vivant. Même obsession du corps féminin, même quête d'expressivité et de mouvement — L’Abandon de l'une répond aux Adieux de l'autre, sa Vague à La Tempête de son cadet de dix ans.
Destins croisés
Mais 1905 marque aussi la bifurcation. Claudel s'isole, cesse de sculpter dès 1906, avant l'internement de 1913. Hoetger, lui, rentre en Allemagne. Il fait évoluer son style en sculpture, devient architecte et designer prolifique. Son art est catégorisé de “dégénéré” par les Nazis, tandis qu’il adhère au parti national-socialiste dès 1934, — en quête d'une reconnaissance officielle qui ne viendra jamais. Il finira ses jours en Suisse, où il meurt en 1949, six ans après Claudel.
Des œuvres inédites en France
Près de 90 œuvres — sculptures, dessins, peintures, photographies, dont plusieurs inédites en France — permettent de (re)découvrir La Machine humaine ou L'Aveugle de Hoetger, aux côtés des chefs-d'œuvre de Claudel comme Les Causeuses ou L'Âge mûr. Le parcours se clôt sur les dernières années de création de la sculptrice, entre 1907 et 1908, à travers ses ultimes expositions chez Blot.
Quand ? Du 12 septembre 2026 au 10 janvier 2027.
Où ? Musée Camille Claudel, 10 rue Gustave-Flaubert, Nogent-sur-Seine.
Combien ? 6-10 €.
