Danser sa vie

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Danser sa vie
(c) ADAGP, Paris, 2011
Nicolas Floch, 'Performance painting 2', 2005
Ce n’est un secret pour personne, l’art et la danse ont depuis toujours entretenu une étroite relation. S’entortillant l’un l’autre comme pour se partager la même sève. Se mélangeant pour mieux s’influencer. Il n’y a qu’à pénétrer dans la première salle de ‘Danser sa vie ‘ pour en avoir le cœur net. Réunis dans le même espace, se tenant compagnie : Matisse et ses nymphes couleur ciment (‘La Danse de Paris’, 1931-1933), le film de Daria Martin ‘In the Palace’ (2000) ou encore la performance de Tino Sehgal et son titre à rallonge ‘Instead of Allowing Something to Rise up ’ (2002).

Au cœur du pari des deux commissaires d’exposition Christine Macel et Emma Lavigne, l’on devine la volonté de rendre intelligible le dialogue tissé entre les disciplines et ceci sans les hiérarchiser, précise Christine. Imaginé en trois actes (Modernité, Abstraction et Post-modernité), le parcours se glisse entre les époques pour les faire résonner entre elles. Les œuvres se répondent alors dans le temps. Par exemple dès le début de l’exposition, la sensualité provocatrice de Nijinski dans ‘L'Après-midi d'un faune’ mise en parallèle avec le diptyque photographique ‘ENVELOPA : Drawing Restraint 7 (kid)’ de Matthew Barney. Il fallait y penser (oser ?) et pourtant à les voir l’un près de l’autre, la filiation érotique saute aux yeux.

Dans le dédale de salles se retrouvent non seulement des artistes influencés par la danse mais également tous les grands chorégraphes et danseurs de l’histoire, d’Isadora Duncan à Merce Cunningham en passant par Martha Graham ou encore William Forsythe. En invitant au sixième étage, danseurs, chorégraphes, plasticiens et autres sculpteurs du mouvement du corps, Pompidou s’offre ainsi des airs d’encyclopédie en 3D de la danse. On y découvre la frustration d’Andy Warhol, la reconversion de Sophie Taeuber-Arp – jadis danseuse puis peintre – ainsi que tous les courants essentiels de la danse moderne : expressionnisme, dadaïsme, pop et tutti quanti.

Au détour d’une salle, ne loupez pas les essais graphiques de Trisha Brown (l’Américaine s’amusait à danser munie de fusains, traçant au gré de ses mouvements de larges courbes noires sur le sol) ou encore le mix électro de Jeff Mills sur des images d’archive de Joséphine Baker. Un fourmillement d’œuvres d’art et un bien bel hommage au sixième art.

Par Elsa Pereira

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