Matisse, paires et séries

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Matisse, paires et séries
© Succession Henri Matisse, 2011
Henri Matisse, 'Blouse roumaine', 1953

Leçon de peinture à Beaubourg. Après l’œil moderne d’Edvard Munch et avant les folles divagations de Salvador Dalí (une exposition personnelle dédiée au plus moustachu des surréalistes aura lieu à partir du 21 novembre), le Centre Pompidou se penche sur un autre pilier du modernisme : Henri Matisse. Pas vraiment rétrospective, cette exposition de soixante peintures prend plutôt la forme d’une étude de style. C’est le procédé créatif du premier fauviste qui se trouve ici minutieusement décortiqué, à travers un aspect singulier de sa pratique : la répétition.

Tic chronique qu’il reproduit tout au long de sa carrière de 1899 à 1952, la série, ou du moins la paire, se pose ainsi en fil conducteur de l’œuvre de Matisse. Un pont impressionniste se déploie aux côtés de son « double », le même pont, doté de faux airs expressionnistes allemands. Ailleurs, une femme charnue s’expose auprès d'une version schématique d’elle-même, dépourvue de volume et de variations de tons. Sujet identique, traitement totalement distinct : ainsi disposées deux par deux, côte à côte, les toiles révèlent à quel point le travail du peintre était soumis à une perpétuelle remise en question. De ses premiers balbutiements pointillistes jusqu’aux papiers découpés des années 1950, sa tendance à travailler les mêmes sujets encore et encore, à multiplier l’usage d’un motif, permet de voir sous un nouveau jour, frappant, ce monstre sacré de l’art moderne. Maître d'une fabuleuse schizophrénie stylistique.

Par TB

Publié :

Téléphone de l'événement 01.44.78.12.33
Site Web de l'événement http://www.centrepompidou.fr/
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