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Dans le sillon d'Encre mécanique

Rencontre avec le tatoueur Alex Iumsa

26 ans et le vent en poupe. Le très sympathique Alex Iumsa, alias Encre mécanique, ne tatoue que depuis un an et demi mais témoigne déjà d'un talent sûr. Un style (repéré par la non moins géniale Tarmasz ) qui fait des émules bien au-delà de la région Picarde. Discussion avec un jeune homme humble et drôle au style ultra précis, qui ne se refuse jamais une petite blague sur son Facebook.

Quel a été ton parcours ?
Comme tous les gamins, j'ai dessiné jusqu'à mes 10 ans, et puis j'ai totalement arrêté. En Picardie, niveau école, on n'a pas beaucoup de perspectives : en gros, soit tu deviens mécanicien, soit tu fais comptable. J'ai donc passé un bac STG (sciences et technologies de la gestion), et commencé à faire de la comptabilité. Puis un jour, j'ai tout arrêté, j'ai voulu prendre les choses en main, faire quelque chose qui me plairait vraiment. Direction Paris où j'ai intégré l'école de dessin et de graphisme Intuit-lab. Mais faire de la mise en page pour la Redoute, c'était pas trop mon truc et vu que je voulais dessiner, que c'était ça qui me bottait, je suis allé étudier à Emile Cohl à Lyon et j'ai fait mon cursus là-bas.

Comment es-tu passé du dessin pur au tatouage ?
Du fait d'avoir commencé tard, j'ai bossé comme un acharné. Je me suis dit que si je voulais à mon tour devenir « fort », il fallait que je touche à tout. J'ai utilisé autant des encres, que des feutres. Mon père étant imprimeur, j'ai pu voir des mecs graver du cuir, faire de la linogravure et de la sérigraphie. Bref, j'ai tout essayé. Le fait est que l'on ne me connaît pas pour mon boulot de sérigraphie, ou d'illustration. Mais ça, c'est peut-être la période qui le veut : le tatouage est à la mode. Disons que je dessine avant tout, si le dessin finit en tatouage c'est bien, s'il finit sur un t-shirt, finalement pour moi, c'est pareil. Si je faisais plus de t-shirts que de tatouages, je serais un t-shirt man !

Comment définis-tu ton style ?
Disons que pour le moment, mon tatouage explore majoritairement trois domaines : le « dot », des points gris optiques qui forment une image réaliste - un espadon par exemple, ressemblera à un espadon ; un univers de personnages traditionnels revisités ; et les motifs géométriques, mon petit côté autiste qui consiste à étirer les lignes les plus droites possible, à répéter les mêmes motifs. Pourquoi avoir choisi comme nom Encre mécanique ?
Il y a d'abord une référence directe à l'Alex d''Orange mécanique'. Et puis il y a aussi le rapprochement avec le petit côté « usine à la maison », l'aspect mécanique de cette frappe en continu de petits pics dans la peau. Mon travail n'est pas très sensible, je suis plutôt crispé sur mon stylo à faire des lignes les plus tendues possibles. J'ai du mal à laisser des traits en liberté, dans le vide. Ils doivent toujours s'arrêter contre une autre ligne.

Qu'est-ce qui te plaît dans le tattoo ?
Sans hésiter, les rencontres. J'essaye de prendre une journée par personne, pour parler, échanger, et ceci même pour un petit motif. Et puis évidement, il y a quelque chose de grisant à poser un dessin à vie sur la peau de quelqu'un.

Photographies © Encre mécanique

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