Pas de deux

Recommandé
  • 5 sur 5 étoiles
0 J'aime
Epingler
Pas de deux
(c) Rosa Frank
Pas de deux

Takashi Uno entre en scène le premier, des getas laquées noires au pied. Par petits pas, il avance et fait grogner le parquet. Depuis son bras gauche, quelques gouttes d’eau viennent s’écraser mollement sur le sol tandis qu’il avance lentement, délimitant le rectangle scénique. Puis Raimund Hoghe apparaît à l’autre bout, petite silhouette mutique dans le grand vide de la scène. Ils se rencontrent à mi-chemin, se regardent et s’apprivoisent un peu aussi. Un « pas de deux » où se succèdent toutes sortes de relations amoureuses, filiales ou amicales, en miroir ou totalement contradictoires. Une revue dans laquelle les corps s’approchent, se frôlent et s’éloignent.

Au cours de ces deux longues heures assis sous la magnifique coupole du TCI, alors que certains spectateurs fixent intensément le plateau d’autres s’assoupissent, lentement aspirés par la lenteur du spectacle. Takashi apparaît puis disparaît, Raimund entre et sort du plateau. Ce que l’un peut, l’autre l’esquisse et ainsi de suite sur les plus beaux airs d’opéra. Oui, il y aurait beaucoup à reprocher à ‘Pas de deux’. A commencer par son étirement, sa lenteur ou encore son minimalisme. On pourrait lui reprocher évidemment, mais on ne le fera pas. S’il manque des effets de lumière, des costumes ou encore un décor c’est pour mieux offrir au spectateur l’essence même de la danse, ces touchers et contacts si précieux et si subtils. Alors pour accéder au sublime, oui, il faut ici traverser quelques déserts d’ennui. Mais après tout, il fait bon parfois de s’extraire du tumulte du quotidien, de changer le rythme parfois hystérique des battements de notre cœur pour se laisser aller à l’épure. Raimund Hoghe teste notre patience, faisons lui honneur.

Par Elsa Pereira

Publié :

Téléphone de l'événement 01.53.45.17.17
Site Web de l'événement http://billetterie.festival-automne.com
LiveReviews|0
1 person listening