Rencontre hip-hop : les Champions du monde

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La réputation des équipes françaises n’est plus à faire en matière de break dance. Depuis les premiers pas du phénomène dans l’Hexagone, en 1982, de nombreux crews se sont formés et ont souvent remportés des titres prestigieux. Il en va ainsi pour le Wanted Posse et le Pockemon Crew, tous deux sacrés champions du monde au début des années 2000, et qui investissent désormais les salles de théâtre.

Du 8 au 13 février, Suresnes Cités Danse propose ainsi deux spectacles de break pour clôturer la vingtième édition du festival. La soirée commence avec le Pockemon Crew et son hommage en costume au cinéma, ‘Silence, on tourne !’. Si le thème donne lieu à quelques bonnes idées, comme un smurf entamé pour se défaire de bobines de films ou un travelling acrobatique, la cohérence chorégraphique pèche par manque de lien entre les scènes ; le plateau de cinéma reste un prétexte et on aurait aimé une utilisation encore plus ingénieuse des accessoires, ou des références plus précises à certains films ou réalisateurs. Malgré ces défauts, la pièce charme avec son comique de situation, une technique imparable et quelques tableaux poétiques très réussis, à la croisée du break et du modern jazz. Sans oublier un solo de popping (contraction en rythme des muscles) presque flippant.

Dans un style nettement plus vénère, le Wanted Posse investit la scène avec ‘Révolution’. Et là on n’a plus trop envie de rire : sept danseurs simulent une manif qui déborde, avec jets de pierres, provocations, arrestations, sur fond de musique d’auto-tamponneuses. Du cliché, donc, et sans second degré. Les lascars finissent en taule, forcément, et certains tentent de s’évader. Voilà pour l’histoire, dont on cherche encore le rapport avec la révolution. Niveau danse, la chorégraphie est moins impressionnante que celle du Pockemon Crew mais plus agressive, avec beaucoup de tableaux en groupe très orientés break dance old-school. On aurait aimé plus de finesse et d’humour, à l’image de certains duos ou de ce finale franchement bien senti, parodie de clips de hip-hop dans laquelle chaque danseur fait goûter de son style, et joue avec les poncifs du genre.

Une soirée un peu décevante mais bon enfant (avec de nombreux scolaires dans la salle donc), s’achevant sur une mini-battle entre les deux équipes, dans la bonne humeur et sous les applaudissements.

 

Par Nicolas Hecht

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