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10 albums pour faire l'amour

Attention, ça rend sourd

Avec élégance
1/10

Avec élégance 

 

Serge Gainsbourg, 'Histoire de Melody Nelson' (1971)

 

Certes, le cultissime concept-album de Gainsbourg, sorti en 1971 et inspiré du ‘Lolita’ de Nabokov, dure moins d’une demi-heure – 28 minutes pour être précis. Mais rassurez-vous : vu qu’il commence et finit sur les mêmes gammes et lignes de basse, le disque semble idéalement fait pour être écouté en boucle (sus donc à l’éjaculation précoce) ! Au service d’une magnifique poésie de dandy à l’érotomanie esthète, la voix goudronnée du beau Serge y dialogue avec les somptueux arrangements de cordes de Jean-Claude Vannier, sur fond de rock londonien chaloupé et sensuel, qui paraît tout droit sorti du ‘Blow Up’ d’Antonioni. Obsessionnel et décadent, d’une décontraction et d’une classe infinies, ‘L’Histoire de Melody Nelson’ sera donc la bande-son idéale d’une sulfureuse après-midi de luxure, entre cris et chuchotements, ponctuée de cigarettes et d’alcools forts.

 

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Pour les baratineurs
2/10

Pour les baratineurs

 

Al Green, 'I'm Still In Love With You' (1972)

 

Al Green, c’est un peu la légende de la musique moite. Sa voix de velours ferait succomber Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus. ‘I'm Still In Love With You’ ne déroge pas à la règle, bien au contraire. En fait, le grand truc d’Al, c’est de complimenter la femme ("Simply Beautiful", "Oh, Pretty Woman") de la remercier chaleureusement pour ce qu’elle représente ("I'm Glad You're Mine", "For The Good Times") et de lui promettre qu’il sera bon avec elle ("Look What You Done For Me"). Et ça marche bien. Très bien. Il fait chaud ici, non ?

 

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Pour s'envoler
3/10

Pour s'envoler

 

Clark, ‘Body Riddle’ (2006)

 

Au rayon des fantasmes sexuels, vous avez déjà épuisé pas mal de possibilités, avec une préférence pour les grands espaces : plage, mer, forêt, désert, terrain vague… En attendant de pouvoir vous payer un aller-retour pour l’exosphère et son imprenable vue sur le système solaire, pourquoi ne pas jeter une oreille à ce ‘Body Riddle’ de Clark avec votre conquête (spéciale) du moment ? De quoi vous transporter au septième ciel et jouir dans une pluie d’étoiles, entre Vénus et la Lune – en évitant les trous noirs (ou pas).

 

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Pour la totale
4/10

Pour la totale

 

Bonobo, 'Late Night Tales' (2013)

 

Les compilations 'Late Night Tales' regroupent des morceaux choisis par un artiste, à écouter tard dans la nuit. Déjà, ça place l’ambiance. Celle de Bonobo sortie en 2013 est truffée de pépites qui traversent toutes les étapes de la fornication, allant de la séduction jusqu'à la clope sur l’oreiller. Du mystérieux "An Ending, A Beginning" de Dustin O'Halloran, au torride "Didn’t I" de Darondo, en passant par le pudique "Baltimore" de Nina Simone, une chose est sûre, la nuit sera longue. Et c'est tant mieux.

 

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Pour les ados
5/10

Pour les ados

 

The XX, 'XX' (2009)

 

Simple, beau, sensuel et lent, avec ses paroles susurrées, le premier album de The XX a tout d’une première fois (celle qu'on imagine en tout cas). Tout naturel donc qu’on le recommande en fond musical pour une découverte du coït réussie – ou pour plus tard, si vous cherchez désespérément à revivre vos premiers émois. Un album parfait pour y aller tout doucement, sans geste brusque. D’ailleurs, au cas où vous vous emportez, le « go slow » répété 5 fois d’affilé dans le morceau "Crystalised" est là pour calmer vos ardeurs. Ils sont sympas, The XX, quand même. Attention tout de même : pour un peu que vous ayez aussi tamisé la lumière, vous risquez vraiment de passer pour un puceau, euh, un ado.

 

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A poil (et à barbe)
6/10

A poil (et à barbe)

 

Sébastien Tellier, 'Sexuality' (2008)

 

Copuler comme dans un bon vieux boulard, chez soi, sans les MST et sans le type bizarre qui vous regarde derrière la caméra, c’est possible depuis 2008 – grâce à Sébastien Tellier. Pour 'Sexuality', le plus poilu des gourous de l’électro s’associe à Guy-Manuel de Homem-Christo (de Daft Punk) pour livrer un album dégoulinant de kitsch et de libido. Des synthés qui collent, une voix onctueuse, un cocktail de mélopées lancinantes façon télé-porno des années 1980… Tous les ingrédients ont été réunis pour lubrifier vos ébats, étape par étape, avec onze morceaux qui sentent fort la sueur. On s’échauffe au son d’un gros rugissement de moteur avant d’entamer les préliminaires sur les notes traînantes de "Roche". Stimulation sautillante sur "Divine", montée de plaisir au rythme de "Pomme" (avec en bonus les orgasmes de la compagne de Tellier en toile de fond), parenthèse gymnastique avec "Sexual Sportswear", et enfin décontraction sur le magnifique "L’Amour et la Violence" – parfait pour se blottir dans les bras de Morphée après cette épuisante odyssée aphrodisiaque. Résultats garantis (enfin, si vous tenez 49,05 minutes).

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Doggy style
7/10

Doggy style

 

Kool Keith, ‘Sex Style’ (1997)

 

Versant cul, vous trouverez difficilement plus beauf et chic que le ‘Sex Style’ de Kool Keith (1997). Propos explicites voire orduriers, mauvais goût assumé (ah, cette pochette), mais aussi instrus qui tuent et font claquer les strings (« cordes », en anglais). Alors on se dit que le hip-hop reste sans doute l’un des derniers bastions de la vulgarité totalement assumée, qui parfois fait du bien et inspire. Spécialement recommandé pour une bonne coucherie crado et débridée, avec une non-anglophone bien sûr.

 

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Pour calmer la cadence
8/10

Pour calmer la cadence

 

Agnes Obel, 'Aventine' (2013)

 

La voix saisissante d’Agnès Obel adoucirait n’importe quelle brute. C’est pour cette raison que si vous êtes du genre à y aller comme un lapin, ‘Aventine’ vous permettra de découvrir la douceur qui est en vous, de calmer le rythme et de vous laisser porter langoureusement par la mélodiste. Alors on la remercie Agnès, parce que grâce à elle, Robert a compris que « douceur » et « marteau-piqueur » ne riment qu’à l’oral. Si on ose dire.

 

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Pour une nuit mystique
9/10

Pour une nuit mystique

 

Portishead, 'Dummy' (1994)

 

Il semblait évident de mettre le mystique 'Dummy' dans ce classement. Beth Gibbons et ses musiciens nous donnent tous les ingrédients pour tripper au lit pendant 49 minutes. On se rend facilement compte que chaque élément de la musique de Portishead pourrait correspondre aux différentes actions que compose un coït parfait. La basse pour l’allure, la voix pour les caresses, l’orgue pour les regards, le souffle et les craquements de vinyle pour les susurrements, et les scratchs pour les vas-et-viens. Sur que si le septième ciel existe, celui de Portishead est sombre, aquatique et pour le moins foudroyant.

 

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Sur une plage
10/10

Sur une plage

 

Kings Of Convenience, 'Declaration Of Dependance' (2009)

 

La voix nordique d’Erlend Øye enveloppe dans du coton. On l’avait déjà constaté dans son autre groupe The Whitest Boy Alive, mais avec Kings Of Convenience, elle est davantage utilisée pour bercer, et la simple guitare qui l’accompagne lui va à ravir. Si le jeune homme vient de Norvège, il nous transporte plutôt sur un sable blanc ombragé par de grands palmiers, avec comme unique compagnon l'être désiré. Ou les êtres désirés. Oui, on n'est pas contre un peu de pluralité, chez Time Out. Uniquement fait de ballades intimistes, l’album ‘Declaration Of Dependance’ caresse l’oreille avec tendresse et envoûte de la tête aux pieds.

 

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Commentaires

1 comments
Clotilde G
Clotilde G

Merci pour cette petite sélection qui m'a bien donné envie... d'écouter du Serge Gainsbourg ! (what did you expect ?)