Bill Callahan

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Bill Callahan
Bill Callahan

C’est d’abord sous le nom de Smog que Bill Callahan, au début des années 1990, commença à enregistrer ses compositions sur un 4-pistes à cassettes, manifestant une volonté d’indépendance artistique qui ne l’a jamais quitté. Seulement, si ses premiers albums restent empreints de radicalité lo-fi, de tensions et de dissonances (parmi lesquels citons les très bons ‘Julius Caesar’ ou ‘Dongs of Sevotion’), Callahan a su faire évoluer sa musique vers davantage d’épure, jusqu’à atteindre un degré de classicisme folk qui n’a véritablement rien à envier aux meilleurs songwriters de l’âge d’or des sixties. Grave, profonde, proche et caressante, sa voix de cow-boy fourbu y tient un équilibre tout particulier entre registres parlé et chanté, contant avec sobriété ses histoires d’errance éternelle, de chevaux épuisés ou ses rêves de vieux Sioux. Après quelques albums acoustiques superbement décharnés (parmi lesquels on retient notamment le solitaire ‘A River Ain’t Too Much to Love’, en 2005), son dernier disque, ‘Apocalypse’, sorti en avril dernier, a vu Callahan s’aventurer vers les harmonies flottantes du jazz et de graciles moments d’improvisation en groupe. D’une classe folle et d’une carrière qui force le respect par sa cohérence, Bill Callahan devrait donc allègrement donner à la Gaîté Lyrique des airs de far-west crépusculaire… bref, le concert idéal pour méditer en attendant la fin du monde.

Par Alexandre Prouvèze