Cheick Tidiane Seck + Mélissa Laveaux + Imany

Musique, Musique du monde
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Cheick Tidiane Seck + Mélissa Laveaux + Imany
© Lucille Reyboz

Cheick Tidiane Seck revient sur le devant de la scène avec son nouvel album ‘Guerrier’. Celui qui est surnommé "Che Guevara" au Mali, ou justement « guerrier » pour ses textes engagés (qui lui ont valu des ennuis avec la junte de Moussa Traoré), n’a toujours pas rangé sa langue dans sa poche. En bambara, français et anglais, il fait passer ses messages sur l'impérialisme occidental ou les injustices mondiales, comme sur les chansons "Emigrants" ou "Blessing", et fait preuve d’une richesse musicale impressionnante. L’album est dense, multiple, tourné bien sûr vers les styles de prédilection de ce claviériste groovy : les chants et musiques traditionnelles mandingues, le jazz et la funk vitaminée, trois styles qu'il joue depuis de très longues années. Sur cet opus très moderne, le compositeur et multi-instrumentiste Cheick Tidiane Seck chante, joue de la guitare, du clavier, du piano, de la calebasse, et a courageusement imaginé des arrangements reggae, et même pop très mélodiques sur certains morceaux, qu’il a enregistrés et joués tout seul. Il a même samplé de la bass music en intro de "Saya", un morceau de kora, piano et de chant en bambara. Cet album très original met en lumière la virtuosité de ce musicien charismatique qui a fait partie, avec les chanteurs maliens Salif Keita et Mory Kanté, du Super Rail Band, un mythique orchestre de la gare de Bamako dans les années 1970. Après des années musicales riches à Abidjan, il émigre en France grâce à Salif dix ans plus tard, et vogue aujourd’hui entre l’Afrique, l'Europe et les Etats-Unis où il est professeur à la prestigieuse université de l’UCLA. Sideman apprécié par Jimmy Cliff, Wayne Shorter, Ornette Coleman et d’autres, il ne lance sa carrière solo qu’en 2003, avec ‘Mangingroove’, et connaît le succès avec son second opus, ‘Sabaly’, grâce à des featurings de Dee Dee Bridgewater, Manu Dibango, Oumou Sangaré, Amadou & Mariam... Il jouera bientôt aux côtés de Manu Dibango pour le festival Jazz à Saint-Germain-des-Prés. En attendant, vous pouvez le voir à la Défense.

Mélissa Laveaux est une canadienne d'origine haïtienne très charismatique sur scène, qui sait puiser dans toutes ses influences musicales sans jamais s'enfermer dans un style. Entre pop, rock, afrobeat, soul, électro ou hip-hop, sa musique est percussive, éthérée, ciselée, sophistiquée, ténébreuse : une vraie réussite, à l'image de son second album 'Dying is a Wild Night' sorti en février 2013. Elle chante de sa voix profonde et grave ses textes sombres et inspirés, des créations vraiment originales. Le titre de cet album réalisé par Ludovic Bruni, Vincent Taeger (de Poni Hoax) et Vincent Taurelle (clavier de Air) est emprunté à une citation d'Emily Dickinson (« Mourir est une nuit sauvage, une nouvelle voie »). Une artiste montante à suivre de très près, qui jouera à la Maroquinerie en juin.

Imany, jeune chanteuse française d'origine comorienne, propose une musique mélangeant folk et soul, portée par une voix proche de celle de Tracy Chapman. Dans la lignée d'Ayo et de Grace, influencée par les grands noms du jazz et de la soul music tels que Marvin Gaye ou Billie Holiday, elle chantera les titres de son premier album 'The Shape of a Broken Heart', paru en 2011 et qui l'a révélée au public.

Par Camille Griffoulières