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Festival Jazz sur Seine

Du 12 au 24 octobre

Voici une initiative qu'on saluera chaleureusement. Car on connaît bien le problème : dans le jazz, les prix sont souvent prohibitifs, limitant la curiosité des publics étudiants ou déshérités. Si d'après Sébastien Vidal et Stéphane Portet, respectivement programmateurs du Duc des Lombards et du Sunset/Sunside « le public est aujourd'hui beaucoup plus mixte et plus jeune qu'il y a 15 ans », la formule bière-chère-et-trente-Euros-la-place-de-concert semble bien déraisonnable pour les 18-30 ans. Mais ne blâmons pas trop les clubs qui, contrairement aux gros festivals estivaux (du type Jazz à la Défense ou Paris Jazz Festival), ne possèdent aucune subvention et doivent payer les musiciens - parfois au lance-pierre -, tout en pensant à gagner de l'argent. Ne pas oublier, surtout, que lesdits clubs font vivre le jazz et la création musicale tout au long de l'année, en programmant chaque soir des artistes de Paris, New York et d'ailleurs. Particulièrement nombreux dans la capitale hexagonale, ils rappellent la passion que les Français vouent au jazz, tout comme les vieux cinoches de la rue Champollion incarnent notre amour inébranlable pour le septième art.

« No Europe, no jazz », assénait George Wein, figure historique de la musique populaire américaine et créateur du plus gros festival Outre-Atlantique - le Newport Jazz Festival. Une vérité qui semble toujours d'actualité : l'architecture économique du genre reposerait donc en partie sur les clubs européens et, de fait, parisiens. Aller voir des artistes live tient donc de l'acte militant.

Cette année, sous la houlette de l'association Paris Jazz Club, les boîtes de la capitale, intra et extra-muros, s'allient pour casser les prix et briser les frontières post-germanopratines du jazz. Sartre, Vian, Gréco et Miles Davis en terrasse du Flore, c'était en 1949. Et les choses ont bien changées : on ne trouve désormais au Flore plus que des touristes et un BHL bien coiffé. Le jazz, plus globalisé que jamais, a quant à lui quitté ses carcans intellectuels en tentant de revenir à son état primaire, une musique du peuple et de la jeunesse. Une transition culturelle laborieuse qui, on l'espère, sera encore stimulée par Jazz Sur Seine, avec 115 concerts répartis dans 18 clubs et sur 13 jours. Pour des prix dérisoires - 10 € le concert pour les étudiants/demandeurs d'emplois et 40 € le pass 3 concerts - on pourra écouter les étoiles montantes de la scène parisienne à l'image de Thomas Encho, Vincent Peirani ou Logan Richardson, prendre des sérieuses leçons de swing au Caveau de la Huchette (pour le coup dans le Quartier Latin), découvrir des caves dans lesquelles on a jamais mis les pieds, ou s'enticher de musiques caribéennes au Baiser Salé. Côté crossover, on ne manquera pas la révélation Kneebody, groupe de L.A. qui fricote avec le label électro west coast Brainfeeder. Les légendes de la scène française seront là aussi : Daniel Humair, Alain Jean-Marie, etc. Bref, la liste est longue. Et, last but not least, en plus des concerts ou showcases, les jeunes franciliens auront accès à des ateliers de sensibilisation musicaux dans le 19e, aux Mureaux et à Drancy. Rien que des bonnes idées, quoi.

Retrouvez tout le programme ici.

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