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International Jazz Day

Paris fête le jazz rue des Lombards le 30 avril

 (Gregory Porter)
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Gregory Porter
 (Tony Tixier)
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Tony Tixier
 (Gautier Garrigue (Tony Tixier Trio))
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Gautier Garrigue (Tony Tixier Trio)
 (Pierrick Pédron)
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Pierrick Pédron
 (Omer Avital)
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Omer Avital
 (Vincent Peirani)
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Vincent Peirani

Organisation chaotique, monologues de diplomates et mini-concerts surpeuplés. Voici à quoi ressemblait l'an dernier l'inauguration de l'International Jazz Day à l'UNESCO. Se précipitant d'une salle à l'autre pour rejoindre des conférences et master-class bondées, on croisait dans les locaux de l'ONG (un bâtiment assez laid du 7e arrondissement) Marcus Miller, ses gardes du corps, et son éminence Herbie Hancock - désormais ambassadeur de bonne volonté à l'UNESCO et initiateur de la Journée du jazz. Intéressant de voir autant de stars se balader au milieu de la foule, d'enchaîner les concerts et quelques découvertes. Mais au final, que penser d'un tel évènement ? Le concept de journée (inter)nationale, quel qu'il soit, peut sous-tendre un discours néo-conservateur du genre : « le jazz (cette musique poussiéreuse) mérite d'être protégé, à l'image de notre patrimoine ». Ceux qui s'inscrivent dans une telle perspective se mettent un doigt dans l'œil : muséifier le genre est une erreur fondamentale. « Jazz is not dead », et il ne sent même pas mauvais (n'en déplaise à Zappa). Il mérite seulement d'être débarrassé des clichés récurrents qui  lui sont associés : intello, mou et sclérosé. Partout, les sections jazz s'ouvrent dans les conservatoires et dans les écoles de musique où l'on se bouscule pour s'y inscrire. Dans les festivals d'été, les clubs, la jeunesse prédomine, on croise même des hipstersen mode moustache-tatouage-bonnet : le jazz s'ouvre à tous les publics, englobe toutes les musiques. La preuve, à Los Angeles, la nouvelle scène s'associe à Flying Lotus et au label Brainfeeder, des groupes à l'image de Kneebody éclatent les frontières avec une musique hyper rythmique entre électro, jazz et rock progressif. Quid de New York ? The Bad Plus reprend Aphex Twin au Village Vanguard (club mythique de Manhattan), Brad Mehldau sublime Verve ou Radiohead et s'adonne à de l'électro survoltée avec le batteur Mark Guiliana. Robert Glasper se frotte au flow de Mos Def sur fond de grooves néo-hip-hop. John Zorn continue ses folles expérimentations post-rock dans son club underground de Greenwich Village, le Stone. En Europe, où la scène free occupe une place importante, les chanteuses de folk scandinaves s'entourent de trios piano-contrebasse-batterie. Ibrahim Maalouf, étoile montante de la scène parisienne, opère une jolie fusion entre mélodies libanaises, électro et cool jazz... La liste est longue. Une définition stylistique du jazz est désormais difficile, souvent lacunaire. Swing, blues, standards de la Tin Pan Alley et improvisations virtuoses ? Oui, mais pas seulement. Aujourd'hui, tout le monde attend impatiemment le nouveau Daft Punk avec Nile Rodgers, un guitariste-producteur qui se définit avant tout comme jazzman. Eh oui, il y a du jazz chez les Daft.

C'est tout cela qu'il faudrait  préciser le 30 avril, dans les clubs de la rue des Lombards (et dans les très nombreuses villes du monde qui prennent part au jeu), où l'on célébrera la première vraie journée internationale du jazz, ouverte à tous - gratuite mais sur inscription. Douze heures (de 14h à 2h) pendant lesquelles on pourra écouter plein de concerts de 40 minutes et huit tables rondes menées pas quelques journalistes et directeurs de labels qui tenteront de recouvrir des sujets actuels et historiques. De « Jazz, Résistance et Esclavage » à « Faire un disque aujourd'hui ». On aurait préféré découvrir un programme aux sujets plus modernes, pointus et sexy, animé par des spécialistes. Des suggestions ? Plein : « Le hip-hop aurait-il pu exister sans le jazz ? », « Jazz et électro au XXIe siècle », « Comment les Américains ont-ils volé la fusion aux bluesmen britanniques »... La prochaine fois, peut-être. On se consolera en allant écouter les israélo-américains Omer Avital et Avishai Cohen, l'altiste Pierrick Pédron ou le guitariste crossover Manu Codjia. Pour voir Herbie Hancock, Wayne Shorter et toute la clique des légendes contemporaines, il faudra faire un détour par Istanbul. C'est sur les rives du Bosphore que l'UNESCO a choisi cette année d'amarrer son navire prêchant la bonne parole du jazz. 14h : Omer Avital & Avishai Cohen au Baiser Salé

14h : Rémi Panossian Trio au Duc des Lombards

15h : Looking for Parker (Manu Codjia, Géraldine Laurent, Christophe Marguet) au Sunset

19h : Etienne M'Bappé au Baiser Salé

20h : Baptiste Herbin au Sunset

20h : Omer Klein Solo au Sunside

20h : Leila Martial au Baiser Salé

21h : Ray Lema au Sunside

21h : Gregory Porter au Duc des Lombards

23h : Pierrick Pédron au Sunset

23h : Vincent Peirani & Emile Parisien au Sunside

Minuit : Tony Tixier Trio au Sunside

1h : Samy Thiébault au Sunside

Pour en savoir plus sur les concerts et le programme des « jazz talks » et tables rondes : Paris Jazz Club

Pour assister aux concerts et conférences, s'inscrire ici.

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