Israel Vibration + Max Romeo

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Israel Vibration + Max Romeo

Ce trio vocal de reggae jamaïcain remarqué par Bob Marley est connu pour ses chansons mélodieuses, mais moins pour son destin exceptionnel. C’est l’histoire de trois garçons atteints de poliomyélite, Apple, Skelly et Wiss, issus des ghettos de Kingston. Ils découvrent le rastafarisme grâce à l’organisation des Douze Tribus d’Israël et se mettent à chanter la Bible. Encouragé par les gens du quartier, le trio démarche les studios de production mais personne ne veut de ces pouilleux en béquille. C’est grâce au don d’un membre de leur communauté qu’ils enregistrent "Why Worry" chez Studio One puis grâce au producteur Tommy Cowan qu’ils sortent leur premier album ‘The Same Song’ en 1978. Encouragé par Bob Marley, le trio assure la première partie de ses concerts et enregistre son premier album dans le tout nouveau studio de la star, Tuff Gong. Une partie des Wailers participe à l’enregistrement d’Unconquered People’.  Après quelques albums à succès en Jamaïque, le trio décide de tenter sa chance à New York mais la mort de Bob a mis le reggae en berne, il passe de mode et les trois Jamaïcains en situation irrégulière se séparent sans jamais réussir à percer en solo. En 1988, Israel Vibration se reforme aidé par un producteur alléché par leur succès passé. L’album ‘Strengh of my Life’ et huit ans de tournées prospères marqueront le grand retour du trio sur scène, mais Apple quitte définitivement le groupe en 1996 pour retenter une carrière solo.  Wiss et Skelly qui forment aujourd’hui Israel Vibration seront sur la scène du Cabaret Sauvage pour chanter les titres les plus vibrants du groupe, comme "Survive" ou "Vulture". Une belle occasion de voir ces deux vétérans du reggae jamaïcain encore sur scène.

Max Romeo alias Maxwell Smith est un chanteur de reggae connu pour son album culte ‘War Inna Babylone’ produit par Lee Perry qui a traversé le temps sans prendre une ride. Il doit son surnom à sa passion de jeunesse : écrire des lettres d’amour enflammées aux filles. Son premier disque ‘Wet Dreams’ cartonne dans les années 1970 en Jamaïque mais il est censuré en Angleterre où il a beaucoup de succès. Alors que le mouvement rasta prend de l’ampleur en Jamaïque, il chante prêches bibliques mêlées à des revendications politiques et sociales. Il s’engage auprès de Michael Manley, leader du PNP (People National Party) comme beaucoup d’artistes rasta. Sa chanson "Let the Power Fall" produite par Derrick Morgan (le père des Morgan Heritage) devient le thème de campagne du candidat en 1962. S’exilant au Etats-Unis dans les années 1980 comme beaucoup de Jamaïcains, il vit des périodes de vache maigre malgré le soutien des Rolling Stones car il vit dans l’illégalité. Max Roméo revient en Jamaïque dans les années 1990 et surprend tout le monde dix ans plus tard en sortant ‘In This Time’ un album hybride entre reggae et… musique acoustique italienne ! Une belle rencontre musicale avec les Tribu Acoustica lors d’une tournée donne naissance à cet opus original. Il signe son grand retour avec ‘A Little Time For Jah’ signé chez Tuff Gong en 2004. Il chantera au Cabaret Sauvage ce dernier bon album et ses meilleurs morceaux comme "Chase the Devil", "One Step Forward" ou "Uptown Babies". 

Par C.G.

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