Kurt Vile + St. Vincent + Agnès Obel

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Kurt Vile + St. Vincent + Agnès Obel
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Kurt Vile & The Violators. Non, il ne s’agit pas d’une faute de frappe, Kurt Weill n’est plus des nôtres (depuis 1950). Le 9 juillet, ce ne sera donc pas l’acolyte de Bertolt Brecht mais l’ancien membre de The War On Drugs qui viendra nous gratifier d’une heure de folk-rock à la salle Pleyel. Le guitariste chevelu au look grunge avait déjà ému une partie de la planète lo-fi en signant un album inspiré, ‘Childish Prodigy’, chez Matador Records en 2009. Puis un an après, un second intitulé ‘Smoke Ring for my Halo’. Opus tout aussi enthousiaste, voire même plus. Un folk-rock capable de nous faire revenir dans le temps, et des titres  comme "Jesus Forever" que l’on aimerait ne jamais cesser de fredonner. Tantôt mélancolique, tantôt psychédélique, la guitare de Kurt Vile nous emmène avec elle dans ces larges espaces sans frontières et sans horizon.

St. Vincent. Troisième et très bon album pour cette (presque) trentenaire autrefois habituée aux premières parties de The National ou encore d’Arcade Fire. En pleine tournée européenne, Annie Clark alias St. Vincent s’était posée pour son escale parisienne à l’Alhambra, elle occupera cette fois-ci la scène de la salle Pleyel. Guitare en main, l’Américaine aux boucles noires remarquée par le magazine Pitchfork nous présente son dernier opus ‘Strange Mercy’ sorti en septembre dernier. Onze titres dans lesquels elle fait cohabiter sa voix gracieuse et des ballades hiératiques et autres riffs bien sentis. Synthés planants, paroles sensuelles – parfois volées à Marilyn Monroe (« Best, finest surgeon, come cut me open » dans "Surgeon") –, l’ancienne guitariste de The Polyphonic Spree aux faux airs de PJ Harvey sait rendre sa musique délicieusement atmosphérique.  

Agnès Obel. Avec ses yeux d’un bleu profond, sa voix cristalline et son port de tête majestueux, Agnès Obel ressemble à s’y méprendre à une héroïne de Jane Austen. Pas étonnant alors à ce que le premier album de la jeune Danoise puise ses sons dans une mélancolie douce et enivrante plus proche de la poésie que de la pop. Harpe intemporelle en ouverture de "Beast", piano délicat sur "Just So", esprit cabaret de curiosités pour "Louretta"… ‘Philharmonics’, sorti en 2010, est une véritable pépite. Il faut dire que dans la liste de ses influences, la songwriter évoque Erik Satie, John Cale ou encore Elliott Smith. Folk, calme et volupté… Des mélodies dépouillées qui attestent de l’extrême virtuosité d’Agnès Obel. Sa présence à Pleyel n’est donc pas un hasard, on parie que la belle Danoise saura y faire vrombir quelques violoncelles et enjôler certains auditeurs.

Par Elsa Pereira

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Site Web de l'événement http://www.sallepleyel.fr
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