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La scène musicale mexicaine

La guerre contre les cartels a secoué les musiciens mexicains

© DR / Vale Vergas
La scène musicale mexicaine a connu des heures sombres. Dominée par une industrie du disque très forte et compromise par la situation sociale difficile dans le pays, celle-ci a tout de même trouvé, via quelques groupes volontaires, un second souffle. Non, nous ne parlons pas de Mexican Summer, dont le nom trompeur cache ses origines new-yorkaises, ni du groupe Los Cuates de Sinaloa, qui interprète le génial "Negro Y Azul" dans la série 'Breaking Bad'.

Il y a peu, le label de référence s'appelait Vale Vergas, un nom qu'il ne valait mieux pas traduire en français. Loin du narco-corrido, ce genre issu du traditionnel norteño-corrido où l'on chante le trafic de narcos en bien comme en mal, le label de Mexico City né en 2007 poussait une scène locale aussi vivante qu'ignorée par les habitants de la ville aux 21 millions d'habitants. Le déclic ? Le climat dans lequel le pays a été plongé pendant les années de guerre contre la drogue, qui n'a pas aidé à la diffusion des avant-gardes. Pourtant, celles-ci avaient de quoi se vanter, avec notamment le passage en France d'un groupe comme Buvette, que l'on découvrit en 2012 à la Bellevilloise. 

Aujourd'hui, l'avenir est à une poignée de groupes, notamment au nord du pays. Le vrai-faux live des Black Lips à Tijuana avait permis de découvrir une population ayant soif de faire la fête face au difficile quotidien dans un pays en guerre contre lui-même. En plein conflit contre les cartels, les villes du Nord comme Ciudad Juarez se transformaient le soir en lieux de fête incroyables, comme le raconte Los Macuanos ; ce groupe de Tijuana s'appuie sur l'histoire de cette ville pour expliquer leur musique et les tendances actuelles au Mexique, par exemple la renaissance de la culture rave en parallèle de la violence quotidienne. Mais n'allez pas croire que la jeunesse mexicaine ne voit son salut que dans la brutalité. Certes, Los Monjo et Cabezas Podridas sont d'excellents groupes de punk, mais Late Nite Howl tient à lui tout seul la scène folk par ses chansons sensibles dignes de Songs: Ohia.

Son chanteur Pablo Dodera est une sorte de Jason Molina mexicain capable de s'aventurer du côté des musiques drone. Et s'il s'est aujourd'hui installé au Etats-Unis, il réside dans la ville la plus proche de son pays d'origine, San Diego. Preuve que l'identité mexicaine est un feu qui ne se perd pas. A ses côtés lors du récent Nrmal festival tenu en mars 2014, l'une des attractions de la ville de Mexico, Tony Gallardo II, jeune DJ proposant une electronica lo-fi qui rappelle aussi bien Vitalic que le krautrock de Neu! et de Kraftwerk.

Enfin, une dernière catégorie de groupe subsiste, celle jouant de l'identité visuelle mexicaine et de ses clichés, dont Julian Bonequi. Lui travaille autant ses compositions sonores que graphiques. D'autres, comme Rancho Shampoo & La Indian Gold Orchestra, semblent carrément se moquer de l'image déformée qui subsiste de l'identité mexicaine. En attendant, c'est celle de demain qu'ils sont déjà en train de construire.​

Commentaires

2 comments
Salmss
Salmss

Aussi il y a des scènes musicales très récemment explorées du rock et du hardcore, cette fois-ci entièrement innovatrices car c'est du hardcore en espagnol mexicain, notamment: http://www.joliette.mx/

Vous oubliez le groupe de rock le plus connu du Mexique! : Molotov  

Habitués des grands stades partout en Amerique Latine, nous avons eu la chance de les voir à Paris (au Glazart)  il y a deux ans