Maroc Festival Chaabi

0 J'aime
Epingler
Maroc Festival Chaabi
DR
Said Senhaji

Yala ! Comme l’année dernière, les fêtes de fin d’année sont l’occasion de participer à  deux concerts de musique marocaine : Maroc 100 % qui a eu lieu en décembre, et Maroc Festival Chaabi en janvier.

Pour cette soirée dédiée à ce style populaire joué et chanté dans les mariages marocains, des chansons traditionnelles et d’autres plus modernes seront interprétées par les meilleurs artistes du moment. Stati, Najat Aatabou et le grand Senhaji, déjà présents l'année dernière, seront rejoints par M. Rouicha, Tahour, Youness et Abdelali Anouar qui joueront pour la première fois à Paris. Animée par Imad Ntifi, Khiari et Choumicha, la soirée recevra également la visite de l’humoriste Abdelfattah.

Le chaabi est une musique qui puise ses origines dans la fusion des musiques arabo-andalouses qui s’est produite au sud de l’Espagne pendant les sept siècles de colonisation arabe. Introduite par les réfugiés arabes et juifs au Maroc après la reconquête du territoire par les catholiques aux XVIe et XVIIe siècles, le chaabi compte deux styles distincts entre celui du Royaume chérifien et celui du pays voisin, l'Algérie. Les Marocains comptent eux-mêmes trois courants distincts dans cette musique ancestrale : le chaabi rural de la Aïta dérivé des chants bédouins, interprété par des hommes musiciens et des danseuses, les cheikhates ; le chaabi citadin (sahli), mélange chaabi traditionnel et « el gharnati », une musique populaire rurale jouée lors des mariages introduite par un exode massif des populations vers les villes lors de la Seconde Guerre mondiale ; et enfin le chaabi citadin de style ghiwane : cette musique aux textes engagés est née à Casablanca chez les karyaniste, ces populations pauvres qui vivaient dans des bidonvilles et qui doivent leur surnom aux carrières sur lesquelles ils avaient planté leurs campements dans les années 1960. Ce chaabi exprime les revendications d'une jeunesse post-coloniale déshéritée par la monarchie répressive de l'ancien roi Hassan II.

Par Camille Griffoulières

LiveReviews|0
1 person listening