Paul Weller

Musique, Rock et rock indé
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Paul Weller

Certains musiciens bâtissent une carrière entière sur une éphémère mode musicale. Paul Weller, lui, résume 50 ans d'histoire du rock anglais. Ce pur produit de la culture mod des années 1960 est devenu en 1977 l'une des figures du punk. Un mouvement auquel Johnny Rotten avait donné sa rage et que The Jam habillait d'une certaine causticité, d'humanité aussi, à travers ce quotidien cruel que Weller décrivait comme seul Ray Davies des Kinks l'avait fait avant lui ("Down in the Tube Station at Midnight", ou l'histoire de Monsieur tout-le-monde agressé par des militants d'extrême-droite en rentrant du boulot). 

Rare formation née de l'explosion punk à y survivre dignement, The Jam a régné pendant cinq ans sur l'art du single parfait ("Going Underground", "Beat Surrender"...), avant que la voix grave et les intonations nerveuses de son chanteur ne se fassent plus soul au sein du Style Council, un groupe dont la musique pouvait être aussi distinguée que ses paroles attaquaient avec véhémence l'Angleterre de Thatcher ("Shout to the Top", "Walls Come Tumbling Down"). Depuis le début des années 1990, Paul Weller continue de sortir des albums avec un goût toujours aussi sûr et un succès jamais démenti de l'autre côté de la Manche. 

Sur scène, de sa voix intacte, le Modfather interprétera le 8 avril prochain sur la scène du Bataclan plusieurs extraits de 'Saturns Pattern', son prochain disque à paraître en mai chez Parlophone. Quelques morceaux issus du répertoire de ses anciens groupes devraient également figurer au programme, Weller ayant par exemple l'habitude de conclure ses concerts avec le vibrant "Town Called Malice" de The Jam (que beaucoup, en France, ont découvert suite à l'excellent usage qu'en a fait le film 'Billy Elliot'). Les fans de la première heure comme les novices devraient donc ressortir comblés.

Par Julien Demets

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