Ty Segall

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Ty Segall

Depuis la mort du surdoué Jay Reatard, le punk garage américain et l’éthique Do It Yourself se sont trouvés un nouveau porte-parole en la personne de Ty Segall. Surnommé, donc, « The next Jay Reatard », ce Californien de 25 ans à peine accepte volontiers la filiation. Il faut dire qu’on trouve chez lui la même spontanéité, le même retour aux sources du rock pur et dur, et la même prolixité que chez son aîné. Oui, Ty Segall produit des disques à la pelle en faisant presque tout lui-même, s’acoquinant au besoin avec des camarades de jeu comme Mikal Cronin ou White Fence. En revanche, il est moins punk et new wave que Reatard, préférant évoluer dans des climats garage plus éthérés avec de l’écho sur les guitares et un son cradingue. Quand on compose des chansons tous les matins au petit-déjeuner, forcément tout n’est pas mémorable et il arrive à Ty de s’égarer, avouons-le. Mais il faut savoir fouiller dans sa pléthorique discographie pour trouver ici ou là un 45 tours incroyable, un titre un peu rare comme "My Head Explodes", qu’on peut trouver sur un split EP réalisé avec JEFF The Brotherhood, et un tas d’autres morceaux géniaux à découvrir : "SWAMP", "It #1", "I Don’t Know My Name" ou "The Drag". Mieux, Ty Segall possède désormais un groupe, le Ty Segall Band, qui vient de sortir 'Slaughterhouse', un excellent disque à la fois dansant, énergique et noisy. De la puissance, du rock, du roll, et des concerts décapants, il n’en faut pas plus pour se précipiter à Boulogne pour voir Ty Segall.

Par Emmanuel Chirache