Circolombia : Urban

0 J'aime
Epingler
Circolombia : Urban
© Mily Calero

Si vous n’avez pas pour habitude de traîner vos guêtres du côté de Boulogne, sachez qu’il y a bien plus que le Parc des princes et les promenades folles de son bois. Il y a, entre autres, l’île Seguin et l’ambitieuse entreprise de Madona Bouglione « Cirque en chantier ». Autrefois occupée par les usines Renault, cette langue de terre entre Meudon et Boulogne a retrouvé une seconde vie en devenant (parmi d’autres projets de réhabilitation) une véritable terre d’accueil pour les troupes venues des quatre coins du globe. Pas étonnant donc que la compagnie Circolumbia ait dressé ici son chapiteau. Projet hors du commun, né dans les rues de Cali en Colombie, l’école nationale Circo Para Todos (dont est issue la troupe) offre aux jeunes en difficulté la possibilité d’une nouvelle orientation professionnelle.

Fiers de leur parcours, ils présentent aujourd’hui leur création. Des corps sculptés par les muscles, un monsieur Loyal enfoncé dans un baril et flanqué d’un mini-short en jean et des numéros qui s’articulent comme de gigantesques battles de hip-hop : ‘Urban’ raconte l’ambiance des rues parfois très chaudes de leur enfance.

Une heure de spectacle durant laquelle les artistes ne s’économisent pas et enchaînent acrobaties teintées de capoeira, bascule coréenne vertigineuse, funambulisme et reggaeton. « Ils sont fous, ils osent tout… », déclarent à la sortie des spectateurs ébahis par la prestation musclée des seize athlètes. Fous, certainement pas ; audacieux, assurément. Qu’ils se déplacent dans les airs ou sur leur fil de fer, les acrobates défient avec insolence les lois de la gravité, manquant parfois d’un poil de précision. Un trapèze manqué, des réceptions de saut parfois floues et des tentatives d’humour un brin trop appuyées, mais une énergie et une bonne humeur qui rattrapent ces petites imperfections. Si la musique aboie peut-être un peu fort, le spectacle nous en met quand même plein les yeux !

Par Elsa Pereira

Publié :