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Dire ce que l'on ne pense pas dans des langues qu'on ne parle pas / Antônio Araújo

Du 7 au 17 juillet à l'Hôtel des monnaies

Dire ce que l'on ne pense pas  (Dire ce que l'on ne pense pas dans des langues qu'on ne parle pas © Christophe Raynaud de Lage)
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Dire ce que l'on ne pense pas dans des langues qu'on ne parle pas © Christophe Raynaud de Lage
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Dire ce que l'on ne pense pas dans des langues qu'on ne parle pas © Christophe Raynaud de Lage
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Dire ce que l'on ne pense pas dans des langues qu'on ne parle pas © Christophe Raynaud de Lage
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Dire ce que l'on ne pense pas dans des langues qu'on ne parle pas © Christophe Raynaud de Lage
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Dire ce que l'on ne pense pas dans des langues qu'on ne parle pas © Christophe Raynaud de Lage
Dire ce que l'on ne pense pas  (Dire ce que l'on ne pense pas dans des langues qu'on ne parle pas © Christophe Raynaud de Lage)
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Dire ce que l'on ne pense pas dans des langues qu'on ne parle pas © Christophe Raynaud de Lage

Il y a une caravane garée devant l'Hôtel des monnaies, des corps allongés sur le sol. Un homme en costume gris traverse la rue, ouvre la poubelle, et jette sa tête dedans. Une voiture de police (une vraie du commissariat d'Avignon) essaye de se frayer un chemin entre les spectateurs. On sent l'exaspération du fonctionnaire de police qui dans un râle lâche un édifiant « Il y en a qui essayent de bosser ». Le hasard fait bien les choses.

Le spectacle d'Antônio Araújo, metteur en scène brésilien, commence dans la rue. Il ne se posera jamais dans des fauteuils rouges confortables. Déambulatoire, 'Dire ce que l'on ne pense pas dans des langues qu'on ne parle pas' guide le spectateur au cœur de l'Hôtel des monnaies, de pièce en pièce. Espace laissé à l'abandon et écrin idéal au texte âpre de Bernardo Carvalho. Dans un futur proche où l'extrême droite remporte tous les suffrages, un fonctionnaire de l'Immigration s'en prend à une Brésilienne qu'il suspecte d'être un travesti. La scène tourne mal, un homme intervient. Il sera question de crise économique, d'exil politique, de révoltes, de repli identitaire, d'un père qui assassine sa fille, d'une fille qui cherche son père, d'un homme qui refourgue des ordures toxiques... Un kaléidoscope d'histoires que l'on suit à l'intérieur de l'hôtel dans différents espaces : une cour, un escalier, un hall. 

Pas question de poser ses fesses sur une chaise et d'écouter inactif le dialogue ininterrompu des acteurs : dans la mise en scène d'Antônio Araújo, si le spectateur n'est pas vraiment pris à partie, il est tout de même débout, mouvant, traversé par des hordes de manifestants furieux, sommé de grimper des escaliers, d'entrer rapidement dans des pièces. Une ambiance suffisamment anxiogène pour que l'on ressente dans son propre corps la mise en danger et l'état de désolation politique de cette époque fantomatique « fictionnelle ».

Rien de rassurant là-dedans, mais tout le propos était là, dans l'inconfort, et le malaise. Et parce qu'il est incarné par des comédiens d'origines différentes, dans des langues plurielles (français, néerlandais, portugais), on ne pourra pas dire qu'il ne s'adresse pas à nous. 

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