Dirty Dancing

Théâtre, Musicals
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Dirty Dancing
© Julien Knaub

C’est avec des trémolos dans la voix et une émotion toute adolescente que les spectatrices (oui, majoritairement, il faut bien l’avouer) prennent place dans un Palais des sports bondé. Dans l’entrée, des fontaines de goodies dégoulinent des tables, mini-shorts échancrés estampillés d’un « Johnny » rose bonbon, sac de sport, porte-clefs et mugs brillent de mille feux. Le rideau n’est pas encore levé que l’on entend déjà les copines piailler et se donner des coups de coude. S’il en fallait une, voilà la preuve presque trente ans après sa sortie que ‘Dirty Dancing’, film culte des années 1980, a marqué plusieurs générations de filles. La comédie musicale ne pouvait être qu’une réussite, en tout cas commerciale. « J’ai acheté ma place il y a un an déjà », confie une jolie brune impatiente que le spectacle commence. 

Mais comment mettre en scène ‘Dirty Dancing’ sans le trahir et surtout sans décevoir des spectateurs capables de réciter les dialogues de tête ? Le pari était de taille, le décor construit pour l’occasion beaucoup moins. Une scénographie bien maigrichonne articulée autour de projections vidéo et d’une poignée de tables et de chaises. Imaginez donc la scène du porté dans l’eau jouée derrière un écran et ses reflets d’eau numérisés. Eh bien, c’est plutôt kitsch. Faute de décor, la mise en scène souffre inévitablement, et alors que l’on s’attendait à une comédie musicale, la version scénique française de ‘Dirty Dancing’ flirte davantage avec le théâtre. Pas de grandes balades mais des dialogues parlés accompagnés par les musiques originales et quelques interprétations jouées par un orchestre installé au-dessus de la scène. Une adaptation musicale réussie qui met en transe un public hystérique lorsque les premières notes de "Hungry Eyes" retentissent dans la salle (et on ne vous parle même pas de la chorale déchainée sur "Time Of My Life"). 

Alors oui, on aurait aimé un Johnny un brin plus charismatique et érotique que l’interprétation très fade de Corentin Mazo, on aurait aimé des décors de bungalow, moins de dialogues ajoutés, et un peu plus d’irrévérence. Reste que malgré une adaptation timide de ‘Dirty Dancing’, le moment est joyeux et joliment porté par la comédienne Cécile Mazés, sosie presque parfait de Jennifer Grey. Une Bébé à la naïveté touchante, et au féminisme naissant. Plein de détails nous auront plu, c’est vrai, mais au final on est un peu déçue d’être déçue. Peut-être qu’on en attendait un peu trop, qui sait ?

Par Ludivine Beaulieu

Publié :

Site Web de l'événement http://www.dirty-dancing.fr/
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