Incendies

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Incendies
© Brigitte Enguérand

Deuxième volet de la tétralogie 'Le Sang des promesses' ('Littoral', 'Forêts' et 'Ciels'), ‘Incendies’ est pourtant le seul à avoir été adapté sur grand écran. Il faut dire que l’histoire de la famille Marwan n’a rien d’ordinaire…  A la lecture du testament de leur mère Nawal, les jumeaux Jeanne et Simon se voient remettre deux enveloppes : l’une adressée à un père qu’ils croyaient mort et l'autre à un frère dont ils ignoraient l’existence. Bienvenue chez Wajdi Mouawad. Celui que l’on appelle le Sophocle du XXe siècle continue d’explorer les liens familiaux pour en extraire les destins les plus tragiques, les récits les plus bouleversants. Résultat, que ce soit lui à la mise en scène ou le très bon Stanislas Nordey (comme ici au TQI), ‘Incendies’ ébranle le spectateur. Alors qu’au même moment le retour des frères de La Forge indiffère (lire notre critique de ‘Temps’), les blessures exhumées de Nawal écorchent.

Des indices visuels en forme de métaphores, des extincteurs rouges, des vêtements noirs pour les morts, blancs pour les vivants, une veste bleue, un livre couleur sang… Sur un plateau d’une sobriété monacale, seuls quelques détails rappellent la guerre. Celle du Liban qui plongea le pays dans l’exode, la détresse et la barbarie et qui enferma Nawal dans le mutisme. Dans la salle, la tension est tellement dense que l’on entend la respiration des comédiens. En apnée quasiment pendant trois heures, les spectateurs lâchent quelques rictus ici et là (notamment grâce au burlesque Raoul Fernandez dans le rôle du notaire) avant de laisser couler, enfin, quelques larmes salvatrices… La mise en scène sobre et pointue de Nordey offre un magnifique écrin au texte de Mouawad. ‘Incendies’ embrase tout, cruel et magique.

Par Elsa Pereira

Publié :

Téléphone de l'événement 01.43.90.11.11
Site Web de l'événement http://www.theatre-quartiers-ivry.com