Je ne serai pas au rendez-vous

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Je ne serai pas au rendez-vous
© Pascal Gely
Je ne serai pas au rendez-vous

Ne vous fiez pas au titre. C’est à 19 heures pile (ou presque) que le rideau des Mathurins se lève sur le décor du scénographe Edouard Laug. Evitez donc de vous perdre dans le dédale des rues du 8e arrondissement ce jour-là si vous ne voulez pas manquer le monologue d’ouverture de Nicolas Giraud, mélange subtil de grâce et de maladresse. ‘Je ne serai pas au rendez-vous’ raconte les émois de quatre personnages. Blanche est amie avec Nora qui est en couple avec Lucas qui fait son doctorat sur Claude qui écrit des romans. Une histoire à quatre faite de rendez-vous manqués, de quiproquos et de retournements de situation. Blanche végète en ratant ses auditions, Nora projette ses noces, Lucas se cherche dans les écrits de Claude, lui-même en panne d’inspiration. Théâtre oblige, ils se rencontreront, s’influenceront et échapperont à leur destin.

Une chose est sûre, Ladislas Chollat n’est pas un metteur en scène révolutionnaire, sa direction d’acteur n’a rien de très innovant ni de très astucieux et pourtant, on se laisse emporter par le destin croisé de ces personnages agaçants et émouvants à la fois. La faute à la fluidité du récit et au casting – notamment la présence captivante de Roger Dumas alias Claude Poisson.
Alors si la mise en scène manque de piquant, la scénographie est en revanche plutôt ingénieuse. Composée de panneaux tantôt opaques tantôt transparents, elle invite les lumières à dessiner une ambiance, la vidéo à habiller le plateau. Dans cet habile décor coulissant, les scènes glissent les unes après les autres avec naturel. Evidemment, certains détails chagrinent : le jeu quelquefois stéréotypé des interprètes (piqués ici et là de tics et de trémolos), les libertés prises avec la réalité pour servir l’intrigue coûte que coûte, le final un poil mélodramatique… Reste que côté divertissement, la pièce de Ladislas Chollat et Patricia Haute-Pottier remplit nos attentes de spectateur : assis au fond de son fauteuil de velours rouge, on ne voit pas l’heure et demie passer et c’est même plutôt agréable.

 

Par Elsa Pereira

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