Les Particules élémentaires

Théâtre
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Les Particules élémentaires
© Christophe Raynaud de Lage / Festival d'Avignon

Le benjamin du Festival d’Avignon aura réussi son coup d’éclat : faire parler de lui, de la salle de spectacle de Vedène jusque dans le brouhaha ensoleillé de la place des Corps-Saints. Le « Houellebecq » a plu, « quasi » unanimement. D’abord parce que contrairement à beaucoup de spectacles joués cette année, In et Off compris, on ne s’y ennuie pas (un luxe !) ; aussi parce qu’il met astucieusement en scène le texte poético-trash de l’écrivain, entre moments de grâce et trou béant de désespoir. Des ‘Particules élémentaires’ finement interprétées par dix comédiens – parfois musiciens – omniprésents autour d’un plateau éclaté en plusieurs espaces : un rectangle central, des salles d’attente, un studio télé, un bureau…

En mêlant musique électrique et vidéo en direct, le jeune Julien Gosselin (tout juste 26 ans et déjà trois mises en scène à son actif) parvient à élaborer une adaptation sexuellement transmissible, terriblement moderne et totalement fluide du roman. Le chemin parallèle des deux demi-frères, le kéké libidineux Bruno (excellent Alexandre Lecroc) et le studieux Michel, s’imbrique dans une rythmique à la mécanique savamment rôdée. On y croise le mouvement hippie, le spectre de Charles Manson, le yoga, les recherches génétiques, les plans à trois, à quatre, à cinq… De 1956 jusqu’aux lumineuses années 2070, sans aucun accroc dans la narration. Un très beau moment de théâtre même s’il manque incontestablement dans cette lecture l’incorrection de la plume de Houellebecq.

Par Elsa Pereira

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