Lettre au père

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Lettre au père

Alors que la “Lettre au père” de Kafka n’aura jamais été lue par son destinataire, Damien Houssier convoque lui son propre père sur scène : « le jeu sera alors de trouver l’endroit d’équilibre entre la virtuosité d’une langue et la force d’un corps ». Une lettre-fleuve, considérée comme la clef de l’œuvre de l’écrivain pragois, dans laquelle il règle finalement ses comptes avec son géniteur autoritaire, osant mettre des mots sur les douleurs tues tout au long de son existence. Un défi aussi, pour la jeune Compagnie 36 Eleusis, créée par d’anciens élèves du Conservatoire national supérieur d’art dramatique et qui s’était déjà attelée à des auteurs fondamentaux tels Tchekhov, Genet, Pasolini... En introduisant un rapport filial authentique au théâtre, Damien Houssier soulève la problématique de l’art, de la fiction et du réel, au travers d’une recherche hautement personnelle.

Pour traiter le thème de la filiation, vous mettez en scène votre propre père, qui n’est pas comédien professionnel. Pourquoi ce choix ?

La question de la distribution est toujours une question difficile pour moi. Antoine Vitez disait que le choix des acteurs répondait toujours à un système. Disons qu'ici, nous ferons appel au système de l'amitié véritable. C'est parce que mon père est mon ami que je l'invite sur scène. Il n'y pas vraiment d'autres raisons, si ce n'est celle que son statut de non-acteur me permet également de questionner la notion de savoir-faire qui me chagrine de plus en plus.

Votre compagnie se revendique protéiforme. Comment cela se traduit-il sur scène ?

Eh bien justement, je ne crois pas que ça ait de traduction évidente. En fait, la compagnie n'est pas née d'une volonté particulière de s'affirmer en tant qu'entité visible et reconnaissable, mais plutôt d'un dialogue constant, mouvant et contradictoire. Le résultat le plus visible serait plutôt à constater du côté de la salle : on prend constamment le risque de décevoir ceux de nos spectateurs qui attendraient l'épigone de notre dernière création.

Après votre formation au Conservatoire national supérieur d’art dramatique, comment avez-vous appréhendé la construction de votre identité théâtrale ?

C'est une question difficile je trouve car je n'ai jamais vraiment eu la sensation d'avoir eu d'identité théâtrale. Ou alors, dès que je croyais en avoir trouvé une, c'était toujours un calque de celles des autres. La seule identité dont je pourrais vraiment vous entretenir, c'est la mienne propre, et dont mes spectacles font souvent les frais. Ah tiens, j'ai peut-être une réponse : une identité paradoxale, comme tout le monde, pour des spectacles protéiformes, comme beaucoup ! Pas mal...

Par BC

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