Prévert, Kosma... et moi. Voilà !

Théâtre
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Prévert, Kosma... et moi. Voilà !
© Cassandre Favaro

Tout doucement, sans faire de bruit, les comédiens entrent sur scène dans le noir le plus complet. C’est alors qu’un joli bout de femme se met à fredonner une petite chanson, une chanson qui nous ressemble, accompagnée de son jeune complice à l’accordéon.

Bien décidée à faire de ses toilettes un endroit plus singulier que trivial, dame Prévert (c'est ainsi que nous l'appellerons) a finalement jeté son dévolu sur Jacques, dont la photo habille fièrement le mur. Ce cliché bien connu de Robert Doisneau ouvre alors une parenthèse sur un univers imagé, enfantin, drôle et tendre à la fois : celui de Prévert et Kosma. Tout à coup, nous voilà dans une petite salle de classe à l’odeur de craie, où virevoltent les avions de papier et fleurissent des cancres charmants ; ici, pas question de calcul ni de règles de grammaire. Les comédiens ne sont que deux, mais les spectateurs ne tardent pas à prendre part à ces joyeux enfantillages en chantant, assis sur les bancs d’école de la salle de spectacle.

Accordéon, rengaines, jeux de mots et farces nous entraînent dans un petit voyage libertaire, et nous replongent dans ce doux pays de l’innocence où tout est propice à l’espièglerie. Bien sûr que l'on se souvient : enfants, nous avons eu du mal à apprendre comment faire le portrait d’un oiseau, et côtoyé le chat qui ne l’avait mangé qu’à moitié. Nous avons ri des deux escargots titubant, au retour de l’enterrement d’une feuille morte. Nous avons dit non au professeur, et dessiné le visage du bonheur avec les craies de toutes les couleurs. Que nous les connaissions ou non, les paroles de Prévert mêlées aux notes de Kosma et portées par les deux comédiens aussi fringants que rieurs nous enchantent par leur délicatesse. 

Avec trois bouts de ficelles, des morceaux de papier coloré et beaucoup de talent, cette représentation est un véritable bain de fraîcheur, duquel nous ressortons imprégnés de doux refrains et de poésie. Les feuilles de Prévert sont certes bien mortes, mais ses petits mots florissants n’ont pas fini de nous enchanter.  

Par Céleste Lafarge

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