Une faille - saison 2 épisodes 1 et 2

Théâtre
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Une faille - saison 2 épisodes 1 et 2
©Pierre Grosbois

Automne 2012, Mathieu Bauer inaugure son feuilleton théâtral ‘Une faille’. Un spectacle vivant imaginé comme une série télévisée, avec ses personnages récurrents, sa mythologie et son architecture. Des épisodes de 30 minutes chahutés par des cliffhangers haletants, exactement comme à Hollywood. La saison 2012-2013 aura ainsi été rythmée par huit épisodes, certains plus palpitants que d’autres, mais tous de très bonne facture.

Pour cette saison 2 qui s’ouvre à peine au NTDM, Mathieu Bauer a fait appel à de nouveaux metteurs en scène. Du sang neuf pour dynamiter le genre. Pour les deux premiers épisodes, c’est donc à Bruno Geslin que le directeur du théâtre a confié son projet.

Mais contrairement à son prédécesseur, le metteur en scène ne s’est pas embarrassé des codes du genre. Ni générique, ni récapitulatif des épisodes précédents, nous sommes plongés dans la mer, sans y avoir d’abord trempé les pieds. Un choc hypothermique douloureux pour ceux qui s’étaient attachés aux personnages, et s’attendaient à retrouver leur petit feuilleton montreuillois. Sans le décor industriel, la guitare saturée et les comédiens, il est difficile de retrouver dans cette saison 2 le sel de la première. Car si Bruno Geslin reprend avec lui quelques personnages (le vidéaste Nabil, le directeur de cabinet au bord de la crise de nerf, la gendarme…), les décombres de l’immeuble où tout a commencé semblent bien loin. La faute certainement à un désir théâtral trop puissant. Alors que la première saison s’était vraiment élaborée autour de l’art codifié de la série, ici tout ressemble à du théâtre, celui dont justement l’entreprise ‘Une faille’ s’était affranchie. A commencer par le jeu des acteurs, le mouvement des décors, l’écriture fragmentaire et la dramaturgie éclatée, tout rappelle davantage la scène que l’écran. Le metteur en scène a beau inviter l’image vidéo, rien n’y fait. Le spectacle reste enfermé dans le cadre de scène, dans une sorte de cliché contemporain où l’on ne comprend pas tout à fait ce qui se passe, dans un univers aseptisé où les sentiments humains restent des paroles jetées en l’air. Heureusement qu’il n’y avait que deux épisodes, et espérons que Pauline Bureau – qui signera les épisodes 3 et 4 en mai 2014 – s’en sortira mieux.

Spectacle dans la petite salle - Maria Casarès

Par Elsa Pereira

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