Vol au-dessus d'un nid de coucou

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Vol au-dessus d'un nid de coucou
© BM Palazon
Vol au-dessus d'un nid de coucou

Tout le monde (ou presque) connaît l’histoire de Patrick McMurphy, son internement en HP pour échapper à la prison, son bagou décontracté, sa fin plus que brutale. Magnifiquement porté par Jack Nicholson, le film de Milos Forman avait à sa sortie en 1975 ébranlé un public peu habitué à pénétrer dans ce genre d’institution. Il faut bien dire que le traitement psychique à base de lobotomie et sa parenté avec la chaise électrique ne laissent guère indifférent.
Ressuscitée par Stéphane Daurat au Théâtre 13/Jardin, l’histoire n’a pas subi de lourds changements. On reconnaît toujours la sévérité militaire de l’infirmière en chef Mildred Ratched, la vitre de surveillance, œil de cyclope menaçant, les silences de Bromden et la fameuse scène du match de baseball. Si quelques moments ont été gommés – en raison des contraintes spatiales –, l’essentiel du long métrage est là. Mis en scène avec simplicité et efficacité, ce ‘Vol au-dessus d’un nid de coucou’ se déroule devant nous sans prétention mais avec ambition, faisant la part belle à l’humain plutôt qu’à la surenchère de moyens. Comme Forman, Daurat a d’abord misé sur son casting en choisissant des comédiens capables de jouer avec humanité ces personnages hors norme. Crédibles et captivants, ils se confondent mots et gestes avec les patients auxquels ils prêtent leur voix.
Evidemment, Arnaud Perrel n’a ni l’aura ni le flegme indiscipliné d’un Nicholson mais il colle au personnage ; tout comme Olivier Deville dans la peau du très guindé Dale Harding ou Thierry Jahn dans celle du jeune angoissé Billy Babbitt. Il ne faudra pas s’attendre à autant d’émotions qu’au cinéma, mais l’adaptation de Jacques Sigurd du roman de Ken Kesey n’a pas à rougir de son prédécesseur cinématographique. Bien au contraire.

Par Elsa Pereira

Site Web de l'événement http://www.theatre13.com/