Bigre

Théâtre, Comédie
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Bigre

Time Out dit

4 sur 5 étoiles

La vie loufoque et mélancolique dans trois micro-chambres de bonnes.

Après avoir reçu des milliers d’applaudissements un peu partout, Bigre, le spectacle de Pierre Guillois (Molière de la comédie 2017), s’installe à Alfortville pour deux représentations.

L’époque où vous viviez dans une chambre de bonne de 11 m2, la cuisine dans le couloir et de la douche au-dessus des toilettes n’est peut-être pas si loin. Si tel est le cas, la scénographie de Bigre devrait vous rappeler quelques « joyeux » souvenirs. Sur scène, trois appartements pas plus grands qu’un placard racontent le quotidien de trois personnages, interprétés par le metteur en scène Pierre Guillois et ses deux acolytes Agathe L’Huillier et Olivier Martin-Salvan. C'est beau et triste, drôle et mélancolique. Superbe, en un mot ! 

Un palier, trois possibilités

Dans cette maison de poupée coupée en deux et dont on admire en spectateur les entrailles, la vie est racontée sans paroles, mais par des bruits, des sons et les mimiques irrésistibles du trio. Ils se lavent et s’habillent, s’empruntent des biscuits au chocolat, fêtent le nouvel an… Sur le pallier, la vie suit son cours offrant à l’occasion de nombreuses scènes burlesques inoubliables. On rit beaucoup. Grâce au décor fantastique de Laura Léonard qui se déplie au gré de l’histoire mais aussi des torsions de Pierre Guillois pour se préparer son repas, des habitudes hygiénistes de Jonathan dans son appart futuriste ou encore des expériences d’apprenties coiffeuses d’Agathe. Une suite de gags loufoques et souvent bien trouvés qui ne sert pas uniquement le comique.

Le rire intelligent 

« Mélo burlesque », Bigre accompagne bien souvent nos fous rires d’autres émotions et de nombreux pincements au cœur. Dans leur habitat minuscule, les personnages racontent aussi la précarité et la solitude. Et c’est spécifiquement en étant capable de nous faire rire à en pleurer du besoin de plier en douze un sac plastique que Bigre réussit son pari tragi-comique. 

Par Elsa Pereira

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