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Interview • La Nageuse au piano

Leur spectacle 'Machine' sera à la Loge du 18 au 21 décembre

Time Out Paris : Comment est né le spectacle ?

Virginie Barreteau : Olivier Galinou (comédien et musicien de 'Machine') était l'an dernier en résidence à l'espace Eclats de Bordeaux. Le lieu est tenu par une compagnie spécialisée dans les spectacles musicaux, qui fait un travail d'expérimentation, d'exploration. Il y a là-bas des pianos préparés (désossés, ajouts de boulons, gommes, bouts de papiers...), un peu comme ceux de John Cage. Olivier a travaillé  sur un piano dont il ne reste plus que le cadre avec les cordes à nu. On a fait plusieurs sessions sans savoir au départ où ce travail nous mènerait. On avait juste le filiforme Olivier et ce reste de piano couché.

On faisait des essais avec l'instrument, je lui lisais des bribes de mes textes, des choses que j'avais commencées, on échangeait sur ce que cela nous évoquait, ce piano, ces réseaux de cordes, les sons qui en sortaient, les lignes que ça formait, on apportait des matériaux autour de ce travail, sons, images, photos... Puis petit à petit, les choses se sont précisées, le monde du travail, la solitude, les réseaux sociaux... et cette histoire : un jeune Japonais fraîchement marié à une héroïne virtuelle.

De quoi parle la pièce justement ? Quelle est cette machine ?

C'est l'histoire d'un homme qui travaille le jour et qui dort la nuit, une vie réglée qui ne le comble pas totalement. Une nuit, quelqu'un lui apparaît et comme notre homme a peu de mots à son vocabulaire, il va nommer ce quelqu'un « Machine ». Il dit Machine pour son travail et Machine pour ce qui va devenir son amour... Les deux vont donc se mélanger et sa vie basculer. Plus que le monde du travail, je crois que ça parle de l'activité, la place qu'on donne aujourd'hui à l'activité, cette course folle, et la peur du vide, la solitude, les relations virtuelles...

Qu'apportent la musique et la création vidéo à l'ensemble du spectacle ? 

Guillaume Flamen, le créateur sonore, reprend les sons que produit Olivier sur l'instrument, il les transforme, les traite et les rediffuse. En réalité, il joue avec Olivier. Les sons de Guillaume prolongent ceux d'Olivier, les devancent parfois. Quant à la vidéo de Camille Téqui, elle sert, notamment, à traiter les apparitions de l'autre (Machine) dans la nuit.

Des difficultés ?

Justement celle-ci, de tout combiner, jeu, son, vidéo, lumière, comme quand on crée une machine, il faut mettre les bonnes pièces au bon endroit. Et ne pas se piéger non plus, ne pas faire disparaître l'humain, surtout pas. Et puis c'est un texte difficile à apprendre ! Et la pièce est assez sportive, c'est une véritable performance pour le comédien !

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