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Blanche Gardin

Les meilleurs stand-up sur Netflix pour se fendre la poire

Vous cherchez la crème de la crème de l'humour ? Voici de quoi rentabiliser votre abonnement Netflix avec une bonne dose de fous rires !

Par Alix Leridon
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Si la fin du confinement approche à grands pas, la réouverture des salles de spectacles reste encore un horizon (trop) lointain. La bonne nouvelle, c’est qu’il vous suffira d’un abonnement Netflix et d’un canapé pour profiter des captations des meilleurs spectacles de stand-up venus du monde entier. Mais avec son offre pléthorique et la diversité des genres proposés, trouver humour à son pied sur la plateforme est une épreuve parfois compliquée. Voici donc, pour vous servir, le guide ultime des one-man-shows Netflix classés selon leur qualité et leur compatibilité avec des publics particuliers, du gros beauf au plus sophistiqué. Liste non exhaustive mais représentative de la variété des shows à visionner. 

Les meilleurs stand-up sur Netflix

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© Netflix
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FARY – HEXAGONE

5 sur 5 étoiles

Pour qui ? Les bons comme les mauvais Français

Avec Fary, « la France, on l’aime ou on la kiffe », mais on continue de s’en plaindre parce que… ça reste la principale activité du Français. Sur la plateforme, l’humoriste « trop stylé » qu’il est – puisqu’il aime à se qualifier de la sorte – cumule pas moins de trois spectacles qui naviguent constamment entre ego trip et autodérision, critique sociale et récit intime. Son style, on le ressent aussi bien à travers ses looks soignés qu’à l’écoute de ses textes, et jusque dans le soin porté à la mise en scène de ses spectacles ; rien d’étonnant quand on sait que la direction artistique de la mini-série Hexagone a été supervisée par Ladj Ly. Si l’on devait n’en regarder qu’un, on choisirait sans hésiter la partie 1 de cette mini-série en deux épisodes, captation en noir et blanc (et bleu) d’un spectacle aux Bouffes du Nord qui aborde avec finesse la question de l’identité à travers celle de la nationalité, sous l’égide du bon et « vrai » Français autoproclamé, Eric Zemmour. Douce France…

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JUDD APATOW – THE RETURN

5 sur 5 étoiles

Pour qui ? Ceux qui se trouvent trop matures pour mater les films d’Apatow et ceux qui se trouvent assez immatures pour continuer de les regarder (bref, tout le monde) 

L’auteur de 40 ans, toujours puceau, SuperGrave et tant d’autres formidables films estampillés « on veut du cul », arrive bon gré mal gré à être le plus classe des stand-uppers. Comment se fesse, me demanderez-vous ? Pourquoi est-il si classe ? Premièrement parce qu’il arrive à faire des blagues dans un costume bleu douteux sans avoir l’air d’un clown ; deuxièmement parce que, dans ses anecdotes de pets foireux, on croise Barack Obama ; troisièmement parce que ses humiliations sont à la hauteur de ses succès, c’est-à-dire démesurées (coucou le fail dans un stade rempli, coucou le râteau par Paul McCartney). Dans une scénographie très « boys’ club », Apatow commence son show par des anecdotes familiales fort amusantes, et ponctue son discours à coups de beaux renforts visuels (on est à la limite du PowerPoint « ma vie, mon histoire », mais ça reste la classe). Il trouve vite son rythme et, à la fin du spectacle, on regretterait presque qu’il ait abandonné la scène il y a bien des années pour se consacrer au ciné.  

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BLANCHE GARDIN – JE PARLE TOUTE SEULE

5 sur 5 étoiles

Pour qui ? Les dépressifs optimistes ou les optimistes dépressifs 

Si vous trouvez que la vie est absurde mais que vous vous complaisez dans cette absurdité, vous allez bien vous entendre avec Blanche Gardin. Après avoir atterri sur la planète 40 (celle de la célibataire de 40 ans qui fait du 40), Blanche a aiguisé son regard noir sur la société et tente d’accepter « ses seins qui pendent dans le vide affectif » avec autant d’optimisme qu’un vieux labrador sous Xanax. Dans Je parle toute seule, elle nous parle de la solitude et de la monotonie qu’elle peut entraîner, de son système digestif « un peu » déréglé et des analyses de selle qui en ont résulté, mais aussi des liens entre nouvelles technologies et dignité, violence et sexualité. Elle signe la fin de notre civilisation et si l’on pleure avec elle, c’est seulement de rire, tant son sens de la formule qui claque arrive à frapper juste. Blanche nous fait du bien par là où ça fait mal.

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CHRIS ROCK – TAMBORINE

4 sur 5 étoiles

Pour qui ? Ceux qui écrivent « ACAB » dans la marge de leur cahier (alors qu’ils ne se sont jamais fait arrêter)

Dans Tamborine, Chris Rock passe au confessionnal. Si ce dernier spectacle est tout aussi politique que ses premiers, le politique semble y devenir plus franchement une affaire personnelle et conduit le comédien à des détours par l’intime plus denses et peut-être plus désabusés. Il faut dire que depuis son dernier show, la vie de Chris Rock a connu moult rebondissements. Comme si le passage de Trump au pouvoir n’était pas assez déprimant, ses seize ans de mariage se sont effondrés, et la crise de la cinquantaine a frappé. Ce spectacle est aussi bien un guide de survie dans l’Amérique trumpiste qu’un genre de manuel de développement personnel pour papa divorcé. Le comédien à l’humour noir et irrévérencieux fait dans ce show un pas en avant vers sa « rédemption » en avouant ses faiblesses et défauts, comme son infidélité ou son addiction au porno, mais ne sombre jamais dans la mélancolie. Chaque faux pas devient l’objet d’une bonne poignée de punchlines et comme d’habitude, personne n’est épargné : ni les flics, ni Rihanna, et cette fois, pas même lui-même.

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TAYLOR TOMLINSON – QUARTER-LIFE CRISIS

4 sur 5 étoiles

Pour qui ? Celles et ceux qui continuent à swipe right compulsivement pendant le confinement

Si vous aimez Bérengère Krief, vous allez adorer Taylor Tomlinson. Cette humoriste américaine de 26 ans à peine, qui déplore de ne pas être « fun » dans la vie, arrive pourtant à nous arracher un gloussement par minute une fois sur scène (derrière l’écran, en l’occurrence). Si la thématique annoncée est le passage à l’âge adulte, et plus précisément cet « entre-deux » que constituent ces années d’excès et d’incertitudes de nos 20 à 30 ans, Taylor nous parle avant tout des relations amoureuses. Certes, les sujets abordés manquent un peu d’originalité et donc de saveur (les applis de rencontres foireuses et ces salauds d’ex, la sexualité et le mariage…), mais le regard cynique et drolatique de l’humoriste parvient à leur donner un goût plus prononcé : ce petit piquant qui nous fait automatiquement accrocher. Une vraie belle découverte.

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ALI WONG – HARD KNOCK WIFE

4 sur 5 étoiles

Pour qui ? Les p’tites mamounettes confinées avec leurs sales gosses

« J’ai essayé d’être une mère au foyer pendant huit semaines. J’ai bien aimé le côté “au foyer”. Pas très fan du côté “mère”, par contre, ça n’en finit jamais cette merde. » Alors qu’on vit notre huitième semaine de confinement, le spectacle d’Ali Wong risque d’avoir des vertus cathartiques pour tous les parents confinés avec leurs adorables rejetons. Dans Hard Knock Wife, Ali Wong est tout aussi enceinte que dans son premier special sur Netflix, Baby Cobra ; c’est son gimmick, semble-t-il. La différence, c’est que depuis, un premier petit ange est né et Ali a découvert les joies de l’accouchement et de la maternité. Avec elle, donner naissance devient une sorte de train fantôme : un long voyage dans le noir, plein de surprises marketées film d’horreur. Aucune image n’est trop dégueulasse pour décrire l’accouchement ou l’allaitement, et aucune anecdote n’est trop privée pour être partagée. Si la deuxième partie du spectacle ressemble moins à un remake SM de Rosemary’s Baby, elle n’en est pas moins trash et on n’est pas tellement surpris d’apprendre qu’aux Etats-Unis, « Ali Wong enceinte » est devenu un costume d’Halloween. Un conseil : accrochez-vous.

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HANNAH GADSBY – NANETTE

4 sur 5 étoiles

Pour qui ? Ceux qui se demandent ce que signifie le rire et ont la flemme de lire Bergson

Nanette, c’est à la fois le début d’un succès mondial et la fin d’une carrière pour Hannah Gadsby. Ce spectacle est en effet l’occasion pour elle de faire son deuil du stand-up après plus de dix ans de métier, et de prendre du recul sur la pratique, les mécaniques du rire et la constante pression de l’autodérision. Pour contextualiser, Hannah aime les femmes et a découvert son orientation sexuelle dans les années 90 en Tasmanie – où elle est née et où l’homosexualité était illégale jusqu’en 1997. Pendant ses premières années de scène, elle s’était saisie de son histoire (celle de son coming out en particulier) pour faire rire, au risque de transformer toute sa vie en une vaste blague. Aujourd’hui, comme elle l’explique dans Nanette, elle comprend qu’elle se doit de raconter la découverte de sa sexualité pour ce qu’elle est : une expérience traumatisante qui ne saurait se résumer à quelques punchlines bien pensées. Si le spectacle laisse rapidement beaucoup de place à l’émotion, le rire n’est pourtant jamais loin ; mais c’est un rire qui fait réfléchir, et ça fait du bien. Un must see pour ceux qui s’interrogent sur la place de la comédie dans la société.

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BO BURNHAM – MAKE HAPPY

4 sur 5 étoiles

Pour qui ? Ceux qui rêvent de vivre dans une comédie musicale

Bo Burnham, c’est l’anti-Bill Burr. C’est le bon élève du genre, le golden comedy boy avec ses shows léchés et rythmés, chantés et dansés. C’est « l’homme blanc hétéro » qui sait qu’en se moquant de « l’homme blanc hétéro », il deviendra un meilleur « homme blanc hétéro ». Mais derrière ses airs de héros de comédie musicale un peu cheesy, Bo est un clown triste qui cherche activement le bonheur sans sembler pouvoir vraiment y arriver. Bon, c’est un peu cheesy aussi, comme pitch. Mais Bo a du talent, et surtout le mérite d’avoir réinventé le stand-up dans sa forme, faisant de ses shows de véritables spectacles savamment orchestrés. Aussi, au fil des blagues, sa bien-pensance glisse parfois vers l’indécence, et le joli blond met les mains dans la boue quand il le faut. Finalement, on est en permanence sur un fil, captivés par sa capacité à nous émerveiller.

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PETE DAVIDSON – ALIVE FROM NEW YORK

4 sur 5 étoiles

Pour qui ? Ceux qui ont failli perdre leur job à cause de la fumette (au moins trois fois chez Time Out)

Parce qu’on s’est dit que c’était important, dans un top des meilleurs stand-up sur Netflix, de proposer un spectacle « Netflix and chill »-compatible (émoji clin d’œil), voici Alive from New York de Pete Davidson. Un show à regarder en couple donc, ou seul avec votre amie Marie-Jeanne (car c’est aussi un spectacle weed-compatible). Vous y découvrirez avec plaisir le sad boy du stand-up, comédien au Saturday Night Live – que vous connaissez peut-être déjà pour avoir fréquenté Ariana Grande, si vous êtes un lecteur assidu de Closer (personne ne juge). Vous y apprendrez notamment pourquoi Louis C.K. ne figure pas dans ce top et pourquoi Ariana Grande est un peu langue de pute, dans un imbroglio d’anecdotes qui s’enchaînent sans introduction ni transitions. Ses tatouages à peine camouflés par son costume bien propret, Pete Davidson avance progressivement vers l’intime à coup de « you know » et de petits gloussements intempestifs ; bref, il est mimi et on s’attache. Petit conseil : ne manquez pas la dernière vanne après le générique.

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BILL BURR – PAPER TIGER

3 sur 5 étoiles

Pour qui ? Votre côté beauf qui ne s’assume pas

Si vous êtes le gars qui, en soirée, clôture tous les débats par un douloureux « de toute façon, on peut plus rire de rien » (émoji qui pleure), Bill Burr est probablement le messie que vous attendiez. Avec Paper Tiger – et chacun de ses autres spectacles –, Bill s’en prend à tout le monde, et surfe avec avidité et une pointe de mauvais goût sur les sujets tabous. Le truc, c’est que, contrairement au beauf de base, Bill a du génie et arrive à nous convaincre de ne pas (trop) le détester à coups de blagues bien grasses et hyperlimites (âmes sensibles s’abstenir) sur les féministes et le mouvement #MeToo. Alors c’est vrai, quand on découvre ce spécimen bien à l’américaine, avec sa voix criarde, son dad bod (bedaine à papa) et sa conception archaïque de la virilité, on est d’abord sur la défensive et on a un peu envie de l’insulter. Oui, mais on ne peut pas (parce qu’il est de l’autre côté de l’écran) et comme on n’est pas du genre à casser l’ambiance en soirée, on continue de l’écouter, et on se surprend à prendre goût à son mauvais goût et même à déceler un petit bout d’âme pas trop vicié. Finalement, on en viendrait presque à le trouver touchant.

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