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Carnet du Off

Le Off d'Avignon en critiques et en images

La parade du Off 2013 (© Elsa Pereira / Time Out Paris)
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Notre avis : à voir.

Début juillet 2013, au Canada, le collectif Men's Rights Edmonton détournait une campagne contre le viol pour diffuser l'idée suivante : « Ce n'est pas parce que tu regrettes un coup d'un soir que ce n'était pas consenti. Mentir à propos d'une agression sexuelle = un crime. » L'idée selon laquelle l'agressé est agresseur ne date pourtant pas d'hier. Quelque part dans le centre d'Avignon, elle est même le cœur d'un spectacle du Off. 'Oleanna' pour sûr ferait rougir de plaisir et de gloire les "masculinistes" québécois. L'histoire d'une étudiante, Carol, frêle petite chose mal dans sa peau, qui entraîne son professeur dans les spirales du mensonge et de la manipulation. Babillarde dans l'acte 1, Carol devient machiavélique durant l'acte 2. Accusations malveillantes, double personnalité, plan démoniaque : le huis clos de David Mamet joue la carte du thriller avec une précision chirurgicale. Chaque mot, chaque phrase, chaque fait est ainsi découpé, trié, analysé pour voler en éclat dans une seconde partie, noire et cynisme. Magnifiquement ficelée par son auteur, 'Oleanna' fait partie de ces textes qui ne permettent pas de liberté outrancière à celui qui les met en scène. Un bureau, deux personnages, des répliques au couteau et au final trop peu d'espace pour que Patrick Roldez fasse d''Oleanna' son propre spectacle. Alors même si la mise en scène parvient à happer le spectateur dans la toile d'araignée qui se forme au fil des dialogues, elle ne brille pas par sa créativité. Une faiblesse que l'on aura vite fait d'oublier tant la prestation scénique de Marie Thomas et de David Seigneur est brillante, et l'histoire racontée déroutante. 

• Au théâtre GiraSole à 12H30 jusqu'au 31 juillet.

Notre avis : pour les curieux.

Le plateau est vide lorsqu'Eric Lamoureux et Thierry Thieû Niang le foulent. Silhouettes graciles dans un cube noir bientôt irradié par des spots situés de part et d'autres de la scène. Ensemble, les deux danseurs vont pendant plusieurs minutes déployer cérémoniellement sur le sol une dizaine de couvertures. Accessoires métamorphosés tout au long de leur chorégraphie, aménageant le plateau en un paysage lunaire ou brouillé de saillies rocheuses. Des sculptures nées de la danse elle-même, façonnées et torsadées par les pirouettes et les déséquilibres du corps. Puis petit à petit, les couvertures duveteuses vont s'échapper du sol, pour venir bousculer les danseurs. En robe ou en turban, le tissu va opérer une sensible mobilité des corps, alourdissant le poids de la tête, emmaillotant les hanches. Jusqu'à ce qu'Eric Lamoureux se fasse entièrement happer par une couverture anthracite, et soulevé à bout de bras par Thierry Thieû Niang, tel Sisyphe sur sa colline.

Duo intime de cinquante minutes, 'Une douce imprudence' explore avec finesse et douceur le lien qui unit ses deux danseurs. Dans une atmosphère magnétique, on ressent la tension entre les objets, la musique (superbe voix de Sidsel Endresen) et les corps tantôt entrelacés tantôt dressés d'Eric et Thierry. Une sorte de bromance corporelle à la lueur des projecteurs.

• Au CDC - Les Hivernales (Avignon) du 11 au 21 juillet (relâche le 17) à 10h


Notre avis : pour les curieux.

Dans la galaxie 'Bref', Kheiron gravitait autour d'une seule et unique phrase (devenue mythique), la très chic « Baise-la ». Mais que l'on ne se méprenne pas ; le jeune homme d'origine iranienne a bien plus à dire que cette fameuse réplique. La preuve avec son nouveau spectacle intitulé 'Libre éducation', qu'il ouvre avec une sorte de slam-rap plus ou moins réussi. N'est pas Oxmo qui veut. La suite du show sera nettement plus aboutie. Loin de viser une carrière d'humoriste plan-plan caché derrière des sketchs appris par cœur, Kheiron aime improviser. Et il le dit lui-même dès le début de son spectacle, prenant à parti des spectateurs terrorisés à la simple idée d'être mis sous les projecteurs. « Rassurez-vous, tout va bien se passer » précise-t-il hilare. Dans la salle, à mesure que l'ambiance se refroidit, le spectacle se bonifie. Livré aux réactions et surtout à l'immobilisme du public, le comique gagne en spontanéité. Une qualité bien rare chez les artistes du genre, souvent guidés par un script écrit au rire près. Tributaire des réponses qu'il glane, Kheiron ne reste pas moins maître à bord, précis dans ses élocutions, drôle dans sa manière de voir les choses et surtout de les raconter. Pas tout à fait révolutionnaire, mais franchement réjouissant.


Notre avis : pour les curieux.

Des risques, on en prend fatalement au Festival d'Avignon. D'abord en sortant entre midi et deux, se risquant à tout moment à une insolation, puis en choisissant au hasard des spectacles dans le lourd catalogue du Off. Une affiche sympa ? Un tract séduisant ? On y va parfois sans vraiment savoir où on met les pieds. Rassurez-vous, pas de mauvaise surprise avec 'Risk'. Pièce chorale du Britannique John Retallack jouée à la Manufacture. L'histoire d'adolescents mis en danger, soit de manière volontaire, soit contraints par le groupe. Un décor peuplé de micros dans lequel cinq jeunes comédiens partagent la scène avec un musicien (et compositeur, Bruno Soulier, adepte du piano Wurlitzer) installé à jardin. Ensemble tour à tour, ils vont s'approcher du devant de scène et conter leurs histoires de paumés, décrire comment ils se mettent en danger ou au contraire comment ils se surprotègent. Addiction à l'alcool, agoraphobie aigüe, violences physiques : des chemins différents mais motivés par la même peur ou le même désir, celui de la prise de risque.

A la fois nerveuse dans ses déplacements et répétitive dans son architecture, la mise en scène se structure autour de monologues accompagnés d'une musique industrielle et de quelques éléments chorégraphiques. Un mélange plus ou moins réussi ; non pas que l'idée soit mauvaise, bien au contraire, mais elle est ici sous-exploitée. La gestuelle des comédiens parasite ainsi plus qu'elle n'accompagne. Même schéma pour les projections quasi illisibles qui s'affichent arbitrairement en fond de scène. Malgré ses imperfections, 'Risk' reste une bonne pièce du Off, vivante et vivace, pleine de bonnes idées, et menée par un quintette de comédiens plein de promesses.

Notre avis : pour les curieux.

Il n'a pas l'air bien méchant, ce Walter en chemise blanche et jean ajusté. Et pourtant, il ne faudra que quelques vannes au Belge pour montrer l'étendue de son cynisme. Une manière bien à lui de voir le monde et de disséquer les religions, les femmes, le mariage et à peu près tout ce qui lui passe sous la main. En tout juste une heure, l'humoriste réussit à tacler quasiment la terre entière : les journalistes forcément de gauche, les amateurs forcément analphabètes de sudoku, l'hôtel Costes, Michel Onfray et bien sûr les femmes, souffre-douleur préféré du comique. Mais n'allez pas croire que, parce qu'il tape sur tout ce qui bouge, Walter a un humour facile. Car contrairement à ce que l'on pourrait croire, ce n'est pas sa supposée méchanceté qui le rend drôle mais sa dextérité dans l'art de la rhétorique. Un savant mélange de pauses, de regards au public et de chutes imprévues. A croire que le comique écrit ses textes au hachoir, sans s'embarrasser de bienséance. Non, monsieur n'est pas classe, et il le reconnaît bien volontiers. Rythmé avec précision et relevé ici et là d'un discret accent belge, son spectacle incisif passe en un éclair. Humour gras ou non, on ne s'ennuie jamais, même pas une seconde.

Notre avis : pour les curieux.

L'entrée en matière de Nicole Ferroni a de quoi rendre perplexe les amateurs d'énigme insolvable. « Qui de l'œuf ou de la poule est apparu en premier ? » questionne-t-elle en prélude de son spectacle 'L'Œuf, la Poule ou Nicole ?' Vous n'en avez aucune idée ? Bien, vous aurez devant vous une bonne heure pour y réfléchir.

Connue pour ses chroniques sur France Inter et ses passages sur les chaînes hertziennes, la jeune comique autrefois enseignante commence son spectacle par son personnage le plus charismatique : la petite Pauline. Une gamine insolente affublée d'un balai qu'elle agite dans tous les sens. Avant elle, Anne Roumanoff ou encore Florence Foresti avaient déjà grillé le filon du sketch de la petite fille et son potentiel humoristique. Mais à ce jeu, avouons que Ferroni remporte de loin la partie. Parfaitement maîtrisé, son personnage séduit autant par sa maladresse que par son naturel. Gageons que la comédienne garde des souvenirs très précis de l'enfance.

Loin de ses petits camarades du rire qui enchaînent à toute allure les blagues, les thématiques et les jeux de mots, Nicole Ferroni, elle, prend son temps pour nous faire rire. Elle investit ses personnages. Une petite poignée de rôles, certes, mais fouillés et exploités jusqu'à la moelle. Certains moins bien réussis que d'autres, mais toujours campés avec authenticité et humour, et c'est bien tout ce que l'on demande.

Notre avis : pour les curieux.

C'est dans un décor de salon de début du XXe siècle que la pièce débute. Des teintes pastel devant un fond de scène noir. Sur le plateau, entre un canapé, un fauteuil et un bureau, le docteur Glas se livre à des confidences, raconte avec un léger accent ses rencontres ratées, ses amours éteintes et ses questionnements éthiques. Manifestement troublé par le serment d'Hippocrate et une vie involontairement solitaire, Glas soigne ses patients avec un dévouement subjectif mais honnête. Alors quand Helga, la jolie femme du pasteur pousse la porte de son cabinet, il ne faut guère de temps pour que le preux docteur se presse à son secours. Presque entièrement construite autour du personnage du médecin, la pièce de Hjalmar Söderberg pénètre dans les interrogations les plus intimes du docteur et dans les mœurs contradictoires de l'époque. Et c'est dans sa peinture subtile d'une société machiste et étroite, dans son courage de parler du viol conjugal, dans sa fureur de liberté que le texte excelle. En mettant l'humain au centre de leur critique acerbe, l'auteur suédois et le metteur en scène (le docteur lui-même) offrent aux deux acteurs l'espace de jouer toute une gamme d'émotions, du désespoir au délire. Malgré le classicisme évident de la mise en scène, malgré l'économie de moyen, la magie opère. Alors bien sûr, on aurait aimé un brin plus de créativité scénique, et évidemment certaines scènes fonctionnent mieux que d'autres, mais la richesse du jeu de John Paval, la sincérité fragile de Sofia Efraimsson suffisent à apprécier comme il se doit cette histoire aux portes de la morale.

Tous les ans, la rue de la République accueille les milliers de compagnies présentes lors du Off du Festival d'Avignon. L'occasion de se badigeonner de poudre de riz, de monter sur ses échasses et surtout de distribuer des tracts à la moitié de la ville. Ça chante, ça danse, ça blague avec les passants. Une cérémonie pleine de couleurs et de musique, véritable point d'orgue du festival.

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