Pédagogies de l'échec

Théâtre
  • 4 sur 5 étoiles
0 J'aime
Epingler
Pédagogies de l'échec (© DR / Pédagogies de l'échec)
1/4
© DR / Pédagogies de l'échec
Pédagogies de l'échec (© DR / Pédagogies de l'échec)
2/4
© DR / Pédagogies de l'échec
Pédagogies de l'échec (© DR / Pédagogies de l'échec)
3/4
© DR / Pédagogies de l'échec
Pédagogies de l'échec (© IFOU / Pédagogies de l'échec)
4/4
© IFOU / Pédagogies de l'échec

'Pédagogies de l'échec' (au pluriel s'il vous plaît) : voilà un titre bien étrange. L'histoire des deux personnages semble illustrer une initiation à l'échec (au singulier) de l'humanité. Ce spectacle de Pierre Notte (auteur de la célèbre pièce 'Moi aussi, je suis Catherine Deneuve') nous dépeint une fin du monde possible avec un cynisme réjouissant, servi par deux comédiens : la formidable Olivia Côte et Salim Kechiouche.

Le rideau s'ouvre sur deux individus plantés en haut d'une tour, dans leur bureau dont il ne reste ni mur, ni dossier, ni même hibiscus. Elle est patronne, il est son secrétaire (et surtout sous-fifre), ils ont survécu à une mystérieuse fin du monde. Mais que faire quand il ne reste plus de raison d'exister ? Jusqu'où sommes-nous prêts à aller pour conserver nos catégories socio-professionnelles et ainsi donner du sens à nos vies ? Dans cette pièce, on met de côté la raison, on persiste dans nos habitudes idiotes, on joue à faire semblant ! C'est pourquoi cet homme et cette femme continuent d'entretenir des rapports de hiérarchie qui sont les derniers remparts contre l'acceptation de la fin du monde. Cette œuvre philosophique féroce laisse un goût amer certes, mais nous fait surtout rire en nous confrontant à un dialogue absurde entre les deux derniers êtres humains sur la terre.

La scénographie signée Alain Timàr est remarquable. Les deux compères évoluent dès le début sur une plateforme en milieu de scène qui s'incline suffisamment lentement tout le long de ces 85 minutes pour qu'on n'en perçoive pas le mouvement à l'œil nu. Si bien qu'ils finissent au bord du précipice en essayant de se maintenir sans le vide pour préserver désespérément le lien social, même s'il est voué à l'échec.

Le jeu de Salim Kechiouche n'est malheureusement pas toujours dans la même tonalité que celui d'Olivia Côte, cela dit on ne tarde pas à sauter à pieds joints dans cette comédie drôle, absurde et mordante. On se surprend même à y repenser plusieurs jours après la représentation, la preuve qu'elle vaut absolument le détour par le Vingtième Théâtre.

Par Louise Pierga

Publié :

Site Web de l'événement http://www.vingtiemetheatre.com/
LiveReviews|0
1 person listening