Sarah Doraghi - Je change de file

Théâtre
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Sarah Doraghi - Je change de file
©Cyrus Atory

L’humoriste et journaliste franco-perse monte sur les planches avec un spectacle touchant et plein de fraîcheur.

En sortant de ‘Je change de file’, le premier spectacle de Sarah Doraghi, on a l’impression d’avoir passé une heure dans une soirée entre potes. Il faut dire que le lieu s’y prête : bien loti sur les banquettes rouges du petit théâtre du Lucernaire, le public est au plus près de la comédienne, profitant ainsi de sa voix un peu éraillée et de ses pas de danse entraînant entre clubbing et folklore.

« Vous êtes iranienne ? – Non, je suis perse. »

Dès les prémices du spectacle, la mise en scène signée Isabelle Nanty (dénicheuse de talents comme Marina Foïs, Pierre-Martin François-Laval des Robins des Bois) nous plonge dans une ambiance festive : de la musique traditionnelle perse retentit lors de l’entrée en scène de notre hôte. Chemisier noir, pantalon fluide et mocassins, Sarah Doraghi affiche la sobriété du chic à la parisienne, complément évident à sa chevelure brune et ses yeux marron foncé. Parfaite métaphore de sa double culture. Réfugiée de guerre à l’âge de 10 ans, elle est arrivée à Paris avec ses sœurs pour découvrir une langue, une culture et un mode de vie tout autres.

L’Iran, le saucisson et Muriel Robin

En une heure, elle raconte l’histoire de son intégration en intercalant des anecdotes et des clichés anodins à son récit de conteuse. Un monologue auquel Sarah Doraghi donne fraîcheur et naturel grâce notamment à sa gestuelle dynamique et amusée et à sa petite galerie de personnages. De la mère d’une copine et son racisme ordinaire (« Sarah, je te donne ce jouet cassé, tu as l’habitude ») au boucher de son quartier qui ne lui vend pas de porc par respect (« Pourtant je vous jure, j’adoooore le saucisson ») en passant par sa bluffante imitation de Muriel Robin. Affirmée, spontanée et très drôle, la comédienne occupe efficacement un plateau réduit et capte le regard autant que les rires spontanés du public.

Sa double nationalité, la journaliste et comédienne en a bien sûr fait sa force et son réservoir à vannes. Et si le propos n’a rien de nouveau, on se laisse facilement prendre au jeu. Pour tout vous dire, on a même ri aux blagues qu’on avait vues venir. Parce que la simplicité a du bon, et que ne pas être trop méchant, parfois, ça fait du bien.

Par Anna Maréchal

Publié :

Téléphone de l'événement 01.45.44.57.34
Site Web de l'événement http://www.lucernaire.fr
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